Par Olivier Martocq, correspondant permanent à Marseille Pourquoi la ville de Marseille est-elle toujours en amont des conflits sociaux ? Un mot tout d’abord sur la bataille des chiffres qui, comme à chaque fois, fait rage à Marseille. Avec une constance : le différentiel ne varie pas. L’écart entre le comptage de la préfecture et celui des manifestants est toujours de x10. Un peu plus de 25 000 d’un côté, 230 000 de l’autre. Ce qui ne change pas non plus, c’est que Marseille est toujours le fer de lance de la contestation. Les cantines des écoles sont fermées depuis pratiquement un mois, maintenant. Les raffineries bloquées depuis 17 jours et de nombreux secteurs ont annoncés hier soir la reconduction du mouvement. Et pour cause, deux syndicats dominent ici : la CGT qui tient le Port, la SNCF, La Poste, EDF et Force ouvrière, qui depuis Deferre est majoritaire chez les agents territoriaux. Or ces deux syndicats ont décidé de durcir le mouvement. Tout est donc réuni ici pour un conflit dure. Constat du député et patron de l’UMP à Marseille Renaud Muselier. Avec 41 000 emplois le port est le poumon économique de la ville. La consigne donnée par Mireille Chessa la responsable de la CGT, a le mérite d’être très claire. Comment expliquer ce tropisme marseillais, dès qu’il est question de lutte sociale ? Eh bien d’abord par des chiffres : plus de la moitié des emplois ici dépendent directement ou indirectement de la fonction publique. Les plus gros employeurs sont dans l’ordre les hôpitaux : 16 000 salariés, puis la Ville, la communauté de commune, le rectorat, etc. La première entreprise privée est liée au port. Il s’agit de l’armateur CMA/CGM qui, comme vous le savez, connaît de grosses difficultés depuis deux ans maintenant. Or, dans ce type de conflit, ce sont les salariés du public qui sont en première ligne comme le reconnaît cette militante du front de gauche, Babeth. A cette donne publique/privée, le sociologue Jean Viard ajoute des paramètres économiques locaux. Et donc concrètement, à partir d’aujourd’hui, Marseille va vivre au ralenti. Les ordures n’ont pas été ramassées dans plusieurs arrondissements, pas ou peu de courrier, de crèches, de cantines scolaires, sans parler du port qui continu a être entièrement paralysé. Et ce n’est pas fini : des assemblées générales vont se dérouler aujourd’hui. On suivra tout particulièrement celles de la Régie des transports marseillais et de la SNCF, ou le trafic des TER est très perturbé ce matin.

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