Des réfugiés tentent de rejoindre l'ile de Kos (illustration)
Des réfugiés tentent de rejoindre l'ile de Kos (illustration) © MaxPPP

Deuxième épisode d'une série de reportages exceptionnels sur le voyage d'une famille syrienne depuis le sud de la Turquie jusqu'en Europe. Omar Ouahmane, correspondant de France Inter au Liban, l’a suivie pendant douze jours à travers sept pays.

Hier nous avons parcouru avec cette famille syrienne plus de 1.300 kilomètres en bus à travers la Turquie avant d'arriver à Izmir, une des portes d'entrée vers l'Europe. Sur une plage, nous avons été conduits vers un bateau pneumatique qui devait nous permettre de traverser la mer Egée.

►►►Retrouvez les autres étapes du périple de Maya, Wassim, Lotus et Mohammed Taim sur une carte interactive

Une cinquantaine de personnes, dont 17 enfants

Nous sommes toujours avec Wassim, le papa, et Maya, la maman, deux ingénieurs de la ville d'Idlib dans le Nord-Ouest de la Syrie et leurs enfants, Lotus 3 ans et demi, et Mohamed Taim, deux ans et demi. Nous faisons partie d'un groupe de cinquante personnes dont 17 enfants. Il est 1h du matin sur cette plage d'Izmir lorsque des passeurs turcs nous demandent d'enfiler nos gilet de sauvetage pour un départ dans l'heure, en pleine nuit, alors que nous avions négocié de partir de jour.

Certains réfugiés munis de bouées s'empressent de les gonfler puis nous nous installons dans le bateau pneumatique prévu pour une dizaine de personnes maximum, notre objectif : l'île grecque de Chios à douze kilomètres.

La traversée :

Une fois à bord, beaucoup priaient et se tenaient la main. Les enfants se sont endormis veillés par des parents terrifiés. Nous étions très mal installés : certains réfugiés ont tenté à plusieurs reprises de se lever pour changer de position, ce qui faisait à chaque fois bouger le bateau.

Dans la mauvaise direction

Le capitaine chargé de nous conduire à Kios est lui aussi un réfugié. Il voyage avec sa famille qui a pris place autour de lui. Très vite le bateau s’enfonce dans la nuit noire mais après un kilomètre parcouru, nous nous apercevons qu’il ne sait pas ou il va. Je sors mon GPS et lui indique la bonne direction. Après deux heures de traversée épuisante et une collision évitée de justesse avec un bateau de pêche, nous arrivons enfin sur le rivage de Chios. Les réfugiés poussent des cris, et pourtant ils sont loin d’être tirés d’affaire…

"Douze jours dans la peau d'un réfugié" : un reportage inédit à retrouver sur l’antenne de France Inter à partir du lundi 12 octobre :

  • Dulundi 12 au jeudi 15 octobre à 7h15 : quatre zooms

  • Vendredi 16 octobre : Making of du reportage

    le journal de 13h de Claire Servajean Un Jour dans le Monde de Nicolas Demorand

  • Dimanche 18 octobre : Interception, reportage dans son intégralité
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