Ces prochains jours, les Mirages français vont s’installer au cœur des zones de combats. Dans le même temps, Nicolas Sarkozy a annoncé l’envoi d'un plus grand nombre de formateurs. Pourquoi ces changements ? Tout simplement parce que la situation est loin de s’améliorer. Les accrochages se multiplient dans le sud du Pays. Alors que les soldats sont de plus en plus perçus comme des occupants par la population, l’Otan essaie donc de trouver des solutions. Exemple avec les OMLT, operational mentoring liaison teams. Ce sont des officiers insérés au sein de l’armée afghane. L’Otan en compte actuellement près de 1700, dont 50 français. Paris va en déployer 150 de plus avant la fin de l’année. Ils conseillent les soldats afghans et les aident lors d’opérations. Direction le camp de Maïwan dans la Province du Logar. Un fortin au milieu du désert à 70 kms au sud de Kaboul et à peu près autant de la frontière pakistanaise. Là, un capitaine de la 11ème Brigade parachutiste et 5 de ses hommes encadrent une centaine de soldats afghans (interview). Ici, les combats sont fréquents et souvent rudes. Le capitaine a perdu l'un de ses hommes fin juillet lors d'une attaque à la roquette. Comment les Afghans perçoivent la présence de ces conseillers militaires dans leurs rangs ? Plutôt bien, si l'on en croit le sergent Daoud Batcha (interview). Le ministre français de la défense a même suggéré aux Afghans de prendre seuls le contrôle d'une province dès 2008. Pour Paris, ce pourrait être l'occasion de se désengager doucement de Kaboul et d'éviter l'enlisement, car pour Hervé Morin, la situation n'est pas brillante (interview). Mais le problème, c’est que l’on est bien loin des 90.000 soldats espérés par le Président Karzaï. Son armée compte tout au plus 35.000 hommes, dont près de 30% font défection chaque année. Paradoxalement, la France vient de décider d'installer ses Mirages en plein coeur des zones de combat. Le déménagament va commencer dans les prochains jours. Les 6 chasseurs étaient jusqu'à présent basés à Douchanbé au Tadjikistan. Dans quelques semaines, ils seront à Kandahar sur une base de l'Otan, dans le sud afghan. Pour le colonel qui commande le détachement de l'armée de l'air, c'est une question d'efficacité (interview). Un temps précieux explique ce pilote de Mirage 2000, compte tenu de la difficulté des missions (interview). Ce déménagement répond donc à une logique technique et opérationnelle. Mais on peut y voir aussi le symbole d'un rapprochement souhaité par Nicolas Sarkozy entre la France et l'Otan. Un dossier de Stéphane Fort.

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