Le gouvernement a lancé un grand plan pour le numérique à l'école. Son but est d’offrir un enseignement plus moderne, ludique, personnalisé et favorisant l'égalité des chances.

Les enseignants sont de plus en plus nombreux à utiliser des logiciels d'exercice en ligne.
Les enseignants sont de plus en plus nombreux à utiliser des logiciels d'exercice en ligne. © Maxppp / PHOTOSHOT

Ce plan est appliqué depuis le début de cette rentrée 2016. Les élèves de cinquième vont être équipés de tablette. Les enseignants ont maintenant accès à un site internet de contenus numériques pour leur cours et sont notamment de plus en plus nombreux à utiliser des logiciels d'exercices en ligne.

A l'image de Kwyk, un logiciel de mathématiques déjà adopté par une centaine d'établissements privés comme publics. Laure est en terminale dans un lycée privé du XVème arrondissement de Paris. Une fois par mois, son prof de mathématiques lui donne un devoir à réaliser sur Kwyk. Quand elle se trompe, c'est le logiciel qui lui dit tout de suite. Et c'est cela qui a notamment séduit depuis deux ans Anne de Labriolle, professeur de mathématiques dans le groupe scolaire Notre Dame de France à Paris.

Ca leur permet de savoir tout de suite s'ils ont réussi ou pas! (Anne de Labriolle, professeur de mathématiques)

La correction d'un devoir sur papier n'étant pas instantanée, l'élève oublie souvent quel a été son raisonnement et à quel moment il a pu faire une erreur. Avec le logiciel, ils peuvent recommencer et tenter de comprendre où ils se sont trompés. C'est aussi pour Anne de Labriolle un outil pour mieux cerner ses élèves. L'enseignante reçoit des mails de synthèse où elle peut voir combien de fois un élève a refait l'exercice ou combien de temps il y a passé. A l'avenir, ces logiciels vont s'adapter encore plus aux élèves. C'est ce qu'on appelle l'adaptive learning, l'enseignement adaptatif ou personnalisé. Aux Etats-Unis, des start-up comme Knewton ou Udacity se battent à coup de levées de fond pour séduire le monde de l'apprentissage. Elles proposent des logiciels qui, grâce à des algorithmes et du traitement de données, s'adaptent tout seul au niveau de l'élève.

En France, les éditeurs de manuels scolaires s'y intéressent de plus en plus : Hachette a signé un partenariat avec Knewton l'année dernière, les éditions Didier et Hatier travaillent avec l'entreprise française Domoscio. L'adaptive Learning est encore limité, il fonctionne surtout pour des exercices basiques et répétitifs de sciences, de langues ou d'orthographe. L'intelligence artificielle est encore bien incapable par exemple de corriger une dissertation. Malgré tout, Philippe Bihouix, auteur avec Karine Mauvilly du livre Le désastre de l'école numérique redoute l'augmentation du temps passé derrière les écrans mais aussi une industrialisation de l'enseignement.

Avec les progrès de l'intelligence artificielle et les capacités à faire de la réalité augmentée, ça va permettre de supprimer des emplois de profs (Philippe Bihouix)

Le ministère de l'Education Nationale ne répond pas à cette inquiétude. Même si l'adaptive learning fait partie du programme d'investissement d'avenir. Rue de Grenelle, on assure rester très prudent. Selon le ministère, il ne s'agit pour le moment que d'une piste.

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