Toute la semaine nous nous intéressons aux nouveaux élus de la République. Aujourd’hui, Emmanuelle Ménard, députée de l’Hérault, élue avec le soutien du FN sans appartenir au parti

Emmanuelle Ménard, une députée très assidue, présence, intervention, dépôt d’amendements
Emmanuelle Ménard, une députée très assidue, présence, intervention, dépôt d’amendements © Maxppp / Leon Tanguy

Emmanuelle Ménard, c’est aussi l’épouse de Robert Ménard, fondateur de Reporter sans frontière, devenu Maire de Béziers, avec le soutien du FN lui aussi.A Béziers, dans le fief des Ménard, lui est à la tête de la ville, elle de la circonscription. Il y a quelques jours, ils étaient à l’une des férias qui ponctuent l’été là-bas. Un pérsence incontournable selon Emmanuelle Ménard : "c‘était une de mes promesses de campagne, d’être présente à tour de rôle dans les différents villages en fonction des manifestations. Le monsieur à qui je viens de parler me disait ‘ça fait du bien, pour une fois on a voté pour quelqu’un qui a gagné’.

Les Ménard sont deux, ce que leurs électeurs semblent apprécier : "Elle est très gentille, elle est simple", explique cette femme "elle est là pour le peuple et aider les gens qui en ont besoin. On a besoin d’eux deux pour nous aider".

Indissociables depuis leur coup de foudre dans les années 2000

Lui dirigeait Reporter sans frontière, elle travaillait à la Fédération internationale des droits de l’homme. Noble combat, la liberté d’expression en étendard, avant de basculer. En 2008, l’historien Patrick Eveno a quitté la revue Media qu’ils avaient créé, justement à cause de cette dérive : "Le projet de Média c’était de faire du décryptage sur les médias un peu comme le fait Arrêt sur image, et puis petit à petit ils sont mis à interviewer des gens parfaitement contestables. Qu’ils interviewent des gens d’extrême droite ça ne me dérange pas, mais il faut faire un véritable travail journalistique en disant - si c’est le cas – 'ce que vous dites est faux ou contesté'. Là au mieux c’était de la désinformation au pire des choses qu’on laissait dire à n’importe qui".

Media perd ses annonceurs et disparaît, mais le couple Ménard revient quatre ans plus tard, avec le site Boulevard Voltaire. Tolérance, liberté de pensée et irrévérence envers les religions affichées, mais en réalité, c’est plutôt France de souche contre multiculturalisme, identité chrétienne contre islam. Avec le côté catho "tradi" d’Emmanuelle Ménard, proche de La Manif pour Tous et le côté "provoc" de Robert Ménard qui explique leur positionnement : "Pour Emmanuelle et moi se battre contre le politiquement correct, se battre contre l’idéologie dominante c’est un combat essentiel, hier à Reporters sans frontières pour moi et pour Emmanuelle à la fédération internationale des Droits de l’Homme. Aujourd’hui comme élus. C’est le même combat".

Retour à Paris, Emmanuelle Ménard à la tribune de l’Assemblée nationale, pour sa première intervention :

Je voterai sans hésitation la prorogation de l’état d’urgence, mais pour cela il faut commencer par dire qui sont nos ennemis. Nous sommes menacés par le terrorisme islamiste, il faut le dire. N’ayons pas peur des mots

Une députée très assidue, présence, intervention, dépôt d’amendements. Une femme souriante, avenante, bosseuse - tout le monde le dit. Une députée qui s’est retrouvée à côté de Jean-Luc Mélenchon le premier jour, ordre alphabétique oblige. Emmanuelle Ménard relate l'expérience : "ca c’est très bien passé on a discuté, c’est un monsieur qui est tout à fait aimable, on a même pu plaisanter ensemble. On a parlé un peu de politique mais là on a tout de suite compris qu’on serait difficilement d'accord donc on a évité de parler de cela".

Emmanuelle Ménard, la passerelle ?

Emmanuelle Menard n’est pas Marine Le Pen, pas d’appel du pied à gauche, c’est d’ailleurs pour ça qu’elle n’est pas encartée au FN. Ses électeurs ne sont pas des ouvriers du nord déçus du PC ou PS. Ils sont du sud, déçus de la droite, conservateurs sur les valeurs, radicaux sur l’immigration et libéraux sur l’économie. Sur la réforme du travail par exemple, Emmanuelle Ménard a voté comme la droite libérale "d’abord si j’étais d’accord avec le Front National à 100% je serai au FN. Je me vois comme une passerelle, je représente l’union des droites" explique-t-elle.

La place d’Emmanuelle Ménard dans l’hémicycle résume aussi ce positionnement : assise avec le FN, mais derrière Marine Le Pen, et à côté des rangs de la droite, au grand bonheur de Gilbert Collard, sur la même ligne, celle que défendait avant Marion Maréchal le Pen : "Je suis très heureux que Madame Ménard soit là, elle a son espace. Elle a son authenticité politique, elle ne doit en aucun cas y renoncer, je ne dirais pas qu’elle remplace Marion mais c’est bien qu’elle soit là".

Inconnue il y a trois mois, Emmanuelle Ménard séduit déjà par son indépendance. Pas encore Laurent Wauquiez dont elle est sûre que peu de chose les séparent, mais déjà de Nicolas Dupont Aignan : "Elle a compris qu’une partie des républicains ne sais plus où elle habite et un FN qui est tiraillé entre plusieurs courant et nos électeurs ont commun certaines valeurs pour qu’on rassemble les gens sur un beau projet patriotique et Madame Ménard peut y jouer un rôle."

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