Cet après-midi au ministère de l'intérieur, se tiendra un comité central d'hygiène et de sécurité avec, pour sujet délicat, le suicide dans la police. Depuis le début de l'année, une douzaine de fonctionnaires ont mis fin à leurs jours. Le nombre est identique à celui de 2007 à la même periode, selon la direction générale de la police nationale. Mais quand même, si cette réunion a lieu tout à l'heure place Beauvau, c'est qu'il y a inquiétude. Le spectre de 1996 est encore présent dans les esprits. Cette année là, 70 policiers avaient mis fin à leurs jours - entre 1999 et 2008, il y a eu de 39 à 55 suicides par an - six fois sur dix avec leur arme de service. Le premier à avoir lancé un cri d'alarme, c'est Joachin Mazanet, figure de proue du premier syndicat de gardiens de la paix, l ' UNSA police. Quelques semaines avant de laisser son fauteuil à Henri Martini, il avait pointé du doigt la pression hiérarchique (interview Joachin Mazanet). Chez les autres syndicats comme Alliance, le deuxième chez les policiers, on se veut plus mesuré. Le passage à l'acte n'est pas lié à une seule cause, mais le bien-être au travail, la qualité plutôt que la quantité, sont essentiels. La question de la rentabilité est donc à nouveau posée. C'est le cas à Tours, où il y a eu, en un an, trois suicides et une tentative. Depuis trois ans, les syndicats dénoncent des problèmes avec la hiérarchie qui ne sont toujours pas réglés. C'est un facteur aggravant pour Marc Perré, le délégué départemental de SGP FO (interview Marc Perré). Mais ces policiers ne sont pas entendus, au point de faire une dépression comme Jean. Policier à Tours depuis 13 ans, il a accepté de parler. Soumis au devoir de réserve, son prénom et sa voix sont modifiés. Trois heures de contrôle routier par jour ou mettre un certain nombre d'amendes, c'est la rentabilité avant tout (interview policier). Quant à Nathalie, fonctionnaire depuis 15 ans à Tours, elle dresse un constat désespéré (interview Nathalie). Il existe pourtant un service de soutien psychologique au ministère de l'interieur, créé il y a 12 ans. A sa tête, Eliane Theillaumas, qui travaille avec 57 psycologues. Depuis 2004, elle a mis en place des groupes de paroles (interview Eliane Theillaumas). Syndicats et policiers espèrent maintenant qu'il y aura des actions concrètes à l’issue de ce comité d'hygiène et de securité cet après-midi. Une enquête de Nathalie Hernandez.

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.