Cette pratique est en net recul dans notre pays, mais le gouvernement et les associations veulent relancer leur combat contre les mutilations sexuelles. Aujourd'hui la secrétaire d'Etat chargée de la solidarité, Valérie Létard, présente une nouvelle campagne de prévention. Des milliers de fillettes sont encore menacées en France et des dizaines de milliers de femmes souffrent d'un manque de prise en charge. Il faut savoir qu'aujourd'hui il y a en France plus de 50 000 femmes excisées agées de plus de 18 ans. Toutes ou presque ont été excisées dans les années 80. La plupart au Mali, en Guinée, en Côte d'Ivoire ou encore au Sénégal. Environ 10% d'entre elles l'auraient été en France. Alors que fait-on aujourd'hui pour ces femmes adultes? Eh bien malgré des associations très actives, elles sont encore mal repérées, mal informées, peu écoutées. Certaines d'entre elles, malgré tout, parviennent à retrouver une vie presque normale. Une identité sexuelle aussi. La situation s'améliore donc, et l'excision a reculé. Aujourd'hui, en Seine Saint Denis par exemple, les PMI, les Protection Maternelles et Infantiles, ne voient plus arriver une seule fillette excisée. Le problème en réalité s'est déplacé. Certains parents contournent les PMI et envoient leur filles au pays plus tard, à l'âge de 10-12 ans. Alors comment empêcher ces excisions faites à l'étranger de continuer? Ce que disent toutes les associations, c'est qu'il faut maintenir la pression judiciaire. A ce titre, un procès en assises a fait beaucoup de bruit en Afrique, celui d'une célèbre exciseuse en 1999, Hawa Gréou. Elle avait été condamné à 8 ans de prison pour avoir excisé 48 fillettes. Jusqu'ici c'est donc la peur de la prison, qui a fait reculer massivement l'excision. Pression par l'argent, pression par la justice. Voilà les solutions pour les militants. Le gouvernement, lui, sort ce matin une nouvelle brochure de sensibilisation. Peut-être un peu juste pour un plan de lutte.

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