Après Monaco, on connaîtra ce soir le second finaliste de la Coupe de France. Le Paris St Germain affronte l’US Quevilly, un club de la banlieue de Rouen, qui évolue en Championnat de France Amateur, soit 3 divisions d’écart. Un match a priori déséquilibré, pourtant, toute une ville, toute la Normandie, se prend à rêver. L’US Quevilly a déjà éliminé deux formations de l’élite, Rennes et Boulogne, et s’il récidivait ce soir ce serait la première fois depuis Calais en 2000 qu’un club de ce niveau atteindrait la finale. Alors cette fois-ci, les Normands ne joueront pas à Rouen, au stade Robert-Diochon, le théâtre de leurs précédents exploits. Le match se déroulera à Caen pour des raisons de sécurité. Les supporters parisiens sont en effet toujours sous haute surveillance après les débordements en marge du dernier PSG/OM. Ils sont d’ailleurs interdits de déplacement et pour parer à tout incident, près d’un milier de policiers ont été mobilisés aux abords du stade Michel d’Ornano. En tout cas, vous l’avez constaté, toute la ville du Petit Quevilly est derrière ses footballeurs. En effet, cette commune de 22 mille habitants vibre et vit en jaune et noir, les couleurs de l’équipe. Il suffit simplement de se promener dans le centre ville avec plusieurs dizaines d’oriflammes « tous avec l’USQ », sans oublier des milliers d’autocollants sur les pare-brises des voitures,les affiches, tout le monde s’est prêté au jeu. Eric, par exemple, le patron d’un bar près de l’hôtel de ville, a entièrement décoré son établissement avec ballons, posters et écharpes à l’effigie du club(interview). La billetterie a été prise d’assaut dès l’ouverture, jeudi matin(interview). D’ailleurs, seuls les résidents des 5 départements de Haute et de Basse Normandie pouvaient prétendre à l’achat de ces billets nominatifs pour éviter que des fans du PSG ne s’infiltrent dans le stade qui sera donc entièrement acquis à la cause des Quevillais. 85 bus de supporters partiront d’ailleurs de Rouen et de Petit Quevilly cet après-midi. Et ce n’est pas la première fois que l'US Quevilly brille en Coupe de France. Avec une finale en 1927, c’est avant l’ère du football pro et puis une demi-finale il y a 42 ans. A l'époque, Jean-Pierre Elkabach en parlait à ce micro (interview). Michel Delafosse nostalgique et envieux mais aussi Gérard Cracque, Jean-Pierre Popelin, Daniel Horlaville, tous les acteurs de l’épopée de 68 sont invités ce soir. Eux qu’on surnommait les ouvriers footballeurs car à l’époque, le président de l'US Quevilly, Amable Lozai, était aussi leur patron dans une entreprise de chantiers navals (interview). Peut-on comparer ces deux aventures quevillaises ? Pas vraiment car aujourd’hui les footballeurs quevillais s’entraînent presque tous les jours. Certains sont même passés par des centres de formation de clubs pro dans leur jeunesse et puis 7 joueurs bénéficient de contrats dits fédéraux. En clair, ils pratiquent le football à plein temps. La différence se fait ensuite au niveau du salaire car le Quevillais le mieux payé touche un peu moins de 2.500 euros bruts par mois à comparer aux 350.000 euros estimés du Parisien Claude Makelélé. Pour le reste du groupe, quelques uns sont salariés par le supermarché géré par le président du club avec des horaires aménagés, mais d’autres ont dû poser des congés ou jongler avec leur emploi du temps, c’est le cas de Fodié Traoré qui, pour la petite histoire, a été formé au PSG (interview). Et il pourrait profiter d’une jolie prime en cas de qualification. On parle d’une somme de 8000 euros pour chacun des joueurs. Un reportage de Nour-Eddine Zidane

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