Un reportage signé Nasser Madji La Commission européenne a présenté la semaine dernière un plan pour les Roms qui tend à améliorer l'accés à l'éducation, au logement , à l'emploi et la santé. Douze millions de personnes sont concernées en Europe avec, même, une menace de la Commissaire européenne chargée de la justice, Viviane Reding : "Ils [les pays membres] ne sont pas prêts à agir, ils feront face à de sérieux problèmes". Visée, notamment, la France, qui avait été épinglée pour sa politique d'expulsions des Roms. Où en est on aujourd'hui ? On a pas beaucoup avancé. Les Roms, rappelons-le, sont citoyens européens. On a beau les "raccompagner" chez eux, ils ont tout loisir de revenir, s'ils le souhaitent, s'installer en France. Ils peuvent être expulsés d'un terrain privé. Mais rien ne les empêche d'aller ailleurs et nous allons entendre que c'est ce qui se passe pratiquement tout le temps. Il y a un chiffre qui a été donné par l'ancien ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, il y a quelques semaines : 70% des 740 campements recensés en juillet 2010 auraient été évacués. Le Ministre, en revanche, n'a pas évoqué les autres camps de fortune souvent encore pire que les précédents. Construits à la hâte, parfois à quelques kilomètres de ceux qu'on avait démentelés. A Sarcelles, au quartier Mont de Gif, se trouve par exemple l'un des plus grands campements de Roms d'Ile-de-France. Dans cette ville du Val d'Oise, la justice vient d'ordonner son évacuation. C'est ce que réclamaient les riverains depuis plus d'un et demi. Lionel Baran était à l'origine d'une pétition en ce sens. "Les Roms, dit-il, ont les préfère chez les pauvres". Interview de Lionel Baran - Combien y-a-t-il de personnes dans ce campement ? Environ 800 personnes et peut-être 200 mineurs. Beaucoup sont déjà partis, mais François Puponni le maire PS de Sarcelles, ne se fait pas d'illusions. Réflexions d'un élu local qui s'est parfois senti un peu seul pour gérer cette situation. Interview de François Puponni Illustration des propos du maire de Sarcelles, le même jour, à Bobigny, en Seine-Saint-Denis. Evacuation de 300 personnes d'un camp et réinstallation, quelques heures plus tard, dans un terrain vague horrible, juste en face d'un rond-point. Les caravanes ont l'air d'avoir 200 ans. Des sacs poubelles pour fenêtres, pas d'arrivée d'eau, pas de courant, des voies ferrées à quelques mètres, et un train qui passe toutes les 10 minutes. Les enfants présents ont l'air de s'en accomoder. "Les enfants, c'est pour ça qu'on reste" me confie Imprezio. Il a 43 ans, il en fait 15 de plus. A ses côtés, sa fille de 7 ans. Interview d'Imprezio C'est Nathalie-Marie Chantepie qui, toute la journée, a aidé à l'installation de ses dizaines de Roms dans leur nouveau campement. Cette militante de l'association Rom Europe explique qu'il va maintenant falloir tout recommencer : la santé, l'éducation... Des milliers d'heures d'un travail de fourmi pulverisées en quelques secondes, alors qu'au contraire, il faudrait stabiliser cette population. Interview de Nathalie-Marie Chantepie Depuis des années, le nombre de Roms ne change pas : on l'estime entre 12.000 et 15.000.

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