Nous sommes un journal
Nous sommes un journal © capture d'écran

Le quotidien, plongé depuis des mois dans une profonde crise financière et éditoriale, devrait pouvoir éviter le redressement judiciaire.

Une provision de quatre millions d'euros a déjà été versée par le principal coactionnaire du journal, Bruno Ledoux. Il souhaite faire de Libération le "Flore du XXIème siècle".

Si tout se passe bien, le 22 avril, le président du tribunal de commerce de Paris devrait donner son feu vert à Bruno Ledoux pour renflouer le quotidien de 18 millions d'euros.

Mais beaucoup à Libération sont comme Saint Thomas, à l'image d'Alice Géraud, élue Sud au comité d'entreprise

On nous a tellement menti, qu'on attend le jugement du tribunal de commerce

Une crise de confiance qui s'est même traduite dans les colonnes de Libé. A travers les pages "Nous sommes un journal", la rédaction raconte chaque jour l'évolution de cette crise. En termes parfois très violents pour dire tout le mal qu'elle pense de l'actionnaire, de son projet, du nouveau directeur opérationnel, Pierre Fraidenraich.

Bruno Ledoux n'a pas été en reste. Il a qualifié les journalistes de "ringards", "d'esprits étriqués".

François Moulias, président du directoire de Libération et associé de Bruno Ledoux

On ne veut pas faire un sous Libé mais il faut aussi diversifier les sources de revenus

La grande question c'est le projet éditorial

Pour l'instant personne ne le connaît. En réponse François Moulias renvoie sur le nouveau directeur de la rédaction, qui devrait arriver à la fin du mois et cumuler la casquette de directeur de publication.

Ce ne sera pas Pierre Fraidenraich. Lui devrait prendre la tête d'une holding dont le journal ne serait qu'une filiale. Pas de quoi rassurer les équipes.

Jusqu'à présent les journalistes disposaient d'un droit de veto sur le choix de leur directeur éditorial. Mais François Moulias ne promet pas le maintien de ce privilège.

Hervé Marchon du Syndicat National des Journalistes

J'espère qu'on nous choisira un patron qui nous ressemble car maintenant beaucoup ont envie de partir

En attendant, il faut continuer à travailler, ce qui nécessite de vivre plusieurs vies à la fois.

Gérard Lefort, chef du service culture, à Libération depuis 36 ans

Nous réfléchissons à l'avenir de notre journal. Ce sont eux qui sont ringards, ils n'ont pas de vision

Boostées par les municipales du mois dernier, les ventes de Libération ont augmenté de 15% par rapport à mars 2013.

L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.