Que faire pour remobiliser les électeurs après le coup de semonce des élections régionales ?
Que faire pour remobiliser les électeurs après le coup de semonce des élections régionales ? © MaxPPP

Le sursaut républicain a empêché les conquêtes du FN. Quelles leçons les élus tirent ils de ce scrutin ? Le message dans les partis traditionnels est clair : ignorer cet avertissement pourrait se révéler dévastateur.

Souvenons nous des déclarations, autant à gauche qu’à droite, après les élections municipales en 2014 ou les départementales en 2015 : on prend les mêmes éléments de langage et on recommence.

La cassure entre élite et terrain est de plus en plus profonde

Les élus posent et se posent beaucoup de questions. Mais d’élections en élections, malgré les coups de semonces ne trouvent pas les réponses... Que faire ? Trouver la vérité depuis le terrain ? Transiger avec les valeurs du parti ? Passer des messages de fond ? Difficile, d’autant que la cassure entre Paris, ses élites, et le terrain, est de plus en plus profonde.

Sandrine Herbin est maire adjointe conseillère départementale. Désormais, elle veut dire la vérité aux électeurs, quitte à s’affranchir de la ligne du parti : "Trop longtemps, nous avons laissé croire que nous étions complètement derrière le gouvernement dans sa prise de décision. Je pense que le langage de sincérité est plus que jamais nécessaire : il aura au moins le mérite de ne plus nous mettre dans cette situation inconfortable d’être les godillots d’un gouvernement qui s’est affranchi des fondamentaux."

Infléchir la politique du gouvernement pour rassembler

Pour la gauche, le message prédominant, pourtant, c’est l’union. Laura Slimani, présidente du MJS était hier soir en Normandie, d’où elle est originaire. Pour elle, il ne faut pas chercher loin : "La seule manière pour la gauche de battre la droite et l’extrême droite, c’est d’être unie. Il faudra donc trouver les conditions de l’union de la gauche, qui passera certainement par une inflexion de la politique gouvernementale vers un sens plus progressiste et des réformes sur le pouvoir d’achat. Il faudra aussi que le parti se renouvelle, que de nouvelles générations émergent, appliquer le non cumul des mandats : un certain nombre de pratiques sont un repoussoir pour beaucoup de Français et font qu’ils ne vont plus voter".

L’échéance de l’élection présidentielle

En somme, pas de solutions miracle ni de discours de vérité : les partis traditionnels n’ont pas encore les clés pour contrecarrer cette désaffection et la montée du FN qui très souvent en découle. Le risque pour nombre d’élus est l’amnésie et qu’encore une fois leurs dirigeants nationaux mettent la poussière sous le tapis jusqu’à la prochaine élection. Sauf que la prochaine fois que les électeurs seront appelés aux urnes, ce sera la Présidentielle…

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