L’Afrique est un continent riche en ressources naturelles mais les Africains n'en profitent pas. C’est le cas en Guinée, paralysée depuis des semaines par une crise très grave. Depuis début janvier, près de 110 personnes ont été tuées dans des manifestations hostiles au régime en place. La population exsangue ne veut plus du pouvoir incarné depuis 23 ans par le président Lansana Conté, qui a instauré lundi soir l’Etat de siège. En Guinée, plus de 9 millions de personnes vivent dans la misère. Pourtant, le pays regorge de ressources naturelles. Alors à qui profite l'argent des matières premières ? La Guinée est l’un des pays les plus riches de la région ouest de l’Afrique. Mais seule une petite minorité proche du pouvoir en profite. Le pays produit beaucoup de bauxite et du bois. Dans la plate forme des revendications des syndicats de Guinée, adressée au président guinéen, on relèvera celle-ci : l’arrêt immédiat des exportations de produits forestiers pendant au moins un an. Nacky Bah est le coordinateur d'une O.N.G. locale "Acord" qui travaille dans le secteur du développement (interview). La transparence des revenus provenant des matières premières est l’un des combats de la société civile africaine. On peut prendre l’exemple du Tchad. Le pétrole est la première ressource du pays. 3 compagnies étrangères, deux américaines et une malaisienne exploitent le pétrole tchadien. Où vont les revenus du pétrole, dans un pays où le smic est de 45 euros par mois ? C’est la question que pose le président de l'organisaiton des syndicats d’Afrique centrale, Djibrine Assali. Il est l'une des figures de cette société civile africaine qui bouge (interview). Des tentatives visant une meilleure transparence sont pourtant mises en place. Au sommet de Johannesbourg en 2002, Tony Blair a lancé avec le soutien de la France l'initiative transparence dans les industries extractives. Objectif : une meilleure transparence dans les revenus du secteur minier pour aider la croissance. Le Cameroun fait partie des quelques pays qui ont signé le texte. Mais encore faut-il l’appliquer. Les O.N.G. locales font pression sur le gouvernement qui a nommé un conciliateur. Celui-ci a rendu récemment son premier rapport qui n’a pas convaincu Honoré N’Doumbe, directeur de la rédaction du journal camerounais « Extractives industries » (interview). Un dossier de Dominique André et Didier Sudre.

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