Situé à 2 058 mètres d'altitude, le col du Lautaret dans les Alpes est un laboratoire à ciel ouvert pour étudier le comportement...des avalanches.

Abri dans le couloir d'avalanche du Col du Lautaret.
Abri dans le couloir d'avalanche du Col du Lautaret. © Irstea

Depuis la catastrophe de Val d'Isère en 1970, 39 morts ensevelis dans un centre de vacances, il y a eu une prise de conscience sur le danger des avalanches. Mais des décennies de recherches plus tard, les avalanches recèlent encore bien des mystères. Les chercheurs de l'Irstea à Grenoble, l'un des centres de recherche les plus pointus du monde, sont de ceux qui essaient de les percer. Pour cela, ils déclenchent plusieurs avalanches dans le col du Lautaret. Leur laboratoire à ciel ouvert depuis 45 ans.

"Un phénomène qui reste méconnu", estime Didier Richard, l'un des directeurs de l'Irstea :

La neige est un matériau très complexe. Il y en a des plus froides, des plus humides, plus chaude... Or, une avalanche est composée de neige qui s'agglomère. Les grains deviennent des boules et le comportement de l'avalanche change. Elle peut s'écouler très vite ou très lentement, avec plus ou moins d'air et de densité. C'est ça qui les rend compliqué. On ne connaît pas encore tout sur la physique des déformations et des écoulement d'une avalanche.

Le type d'avalanche change avec le réchauffement climatique

On n'a pas fini d'étudier les avalanches. Surtout qu'avec le réchauffement climatique, le thermomètre grimpe plus vite en montagne qu'ailleurs. Il est monté de 2 degrés dans les Alpes en un siècle alors que la moyenne est de 1 degré sur toute la France. Si les statistiques ne révèlent pas plus d'avalanches pour le moment, les chercheurs ont en revanche constaté qu'elles ont changé de nature.

A l'instar de Mohammed Naïm, directeur adjoint scientifique de l'Irstea :

Elles s'arrêtent de plus en plus haut, sont de moins en moins poudreuses et de plus en plus humides. Les avalanches s'écoulent donc plus lentement mais avec des pressions plus élevées.

Un risque accru d'avalanches de glace

Autre conséquence du réchauffement climatique : un risque accru d'avalanches de glace au pied des glaciers hauts perchés. Les scientifiques de l'Irstea et du laboratoire de glaciologie de Grenoble surveillent notamment de près le glacier de Taconnaz qui surplombe la vallée de Chamonix, Xavier Ravanat :

Pour le moment c'est un glacier froid : sa température est inférieure à zéro degré et donc il avance normalement, comme tous les glaciers. Mais avec le réchauffement, il pourrait devenir un glacier tempéré, avec une température interne égale à zéro degré. Ca entraîne forcément une augmentation de la vitesse d'écoulement. et dans le cas d'un glacier massif haut perché ca peut être dramatique, ca peut entrainer un écoulement de masse du glacier.

Toutes ces recherches sont donc indispensables pour les pouvoirs publics. Elles les aident à dimensionner les ouvrages anti-avalanches, comme celui situé sous le Taconnaz, ou encore à réactualiser la carte des plans de prévention à risque. 600 communes sont exposées aux risques d'avalanche aujourd'hui en France.

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