La « diaspora » haïtienne est évidemment sous le choc après le séïsme en Haïti. Toujours pas de bilan précis mais il devrait être lourd, très lourd même. « Plus de 100.000 morts » selon le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive. Les familles installées en France sont toujours dans le flou. Hier soir, près d'une centaine de personnes s'était réunies à Saint-Denis pour une « veillée patriotique de solidarité ». Un rassemblement organisé par la PAFHA, la plateforme d'association franco-haïtiennes qui regroupe une cinquantaine de structures. Cela s'est passé à la bourse du travail, des lieux prêtés (pour l'occasion) par la mairie de Saint-Denis. Toute la soirée, chacun a été invité à s'engager pour venir en aide aux victimes, mais aussi partager de trop rares informations, dans une atmosphère très pesante (interview). Aliné ne quitte pas son téléphone portable. Anxieux, il essaie, désespérément, de joindre Haïti (interview). L'incertitude... et l'attente. Insupportable pour beaucoup qui restent, il faut le noter, très dignes dans cette épreuve. C'est le cas par exemple d'Esther. Ce petit bout de femme, la cinquantaine bien tassée, n'a pas cessé de courir, toute la journée, entre le consulat, l'ambassade et chez elle. Elle espère juste ne pas avoir tout perdu (interview). Les Haïtiens de France se sont très rapidement mobilisés. Il n'y a qu'à voir ce groupe de soutien sur Facebook avec déjà plus de 4 500 membres et donc cette réunion constituée en quelques heures. SMS, e-mail… "L'union fait la force". C'est d'ailleurs la devise du pays, même si on n'a pas toujours l'habitude de l'appliquer reconnaît Pierre Ralphson, de l'ANIH, l'association nouvelle image d'Haïti (interview). Les Haïtiens qui seraient entre 70 mille et 90 mille en France et l'ANIH met à leur disposition, dès aujourd'hui à cette bourse du travail, une cellule d'aide psychologique (interview). Comme vous l'entendez, certains ont pris la parole en tribune, pour proposer de l'aide, du matériel, de la nourriture... et pour être le plus efficace possible. Quelques bénévoles comme Louis-Jacques essaient de tout centraliser (interview). Lui, c'est Luc, un jeune homme de 35 ans, très solide physiquement mais fragilisé par cette nouvelle catastrophe. Il n'hésite pas, d'ailleurs, à parler de malédiction et il n'est pas le seul, car ils sont très nombreux à évoquer le divin (interview). Et pour ne plus souffrir, Mackendie Toupuissant, le président de la Pafha, reste plus prosaïque. Il faut panser les plaies, penser à reconstruire, différemment (interview). _ Un reportage de Nour-Eddine Zidane. ___ Et si vous voulez venir en aide à la population haïtienne. Radio France et France Télévision s’associent à la Fondation de France. Les dons peuvent être faits par chèque bancaire libellé à l'ordre de Fondation de France Solidarité Haïti, BP 22 - 75008 Paris , ou en ligne surwww.fondationdefrance.org .

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