Le zoom de la rédaction en direct de Bangui en Centrafrique : c’est aujourd’hui que s’ouvre la session extraordinaire du conseil de transition qui doit permettre d’élire un nouveau président intérimaire. Dans une situation tendue...

Meme si ces derniers jours, les anti-balaka et les ex-seleka ont appelé à l’apaisement, la situation reste compliquée sur place. Pour tenter de rétablir une forme de stabilité, avant de faire des annonces politiques, le président du conseil de transition a appelé hier les soldats de l’armée régulière à reprendre le travail.

Ils étaient plus d’un millier à se rassembler dans le centre ville. Des militaires qui défilent... dont certains qui ont soutenu l’ex-président Michel Djotodia, et d’autres qui l’ont combattu. Tous vont devoir travailler ensemble.

Pourtant la cohabitation n’est pas simple. Dans la rue, des militaires de la Misca contrôlent les voitures. La foule se précipite, et met le feu a un pick-up... Ce sont les ex-seleka, on les a appréhendés avec les grenades. En civil, ils peuvent tirer sur n’importe qui, ce qui inquiète les militaires.

Dans le quartier de Castor, ce sont les anti-balaka qui ont des armes. Avec des couteaux et des machettes, ils fouillent les maisons des proches de l’ex-président Michel Djotodia.

Climat de peur

près d'un million de déplacés en centrafrique
près d'un million de déplacés en centrafrique © reuters

Même si le Conseil national de transition commence aujourd’hui à examiner les candidatures pour élire un nouveau président, la période Djotodia a laissé des traces et des envies de vengeance. Un nuage de fumée flotte par exemple au-dessus du quartier de Saidou. Plusieurs dizaines d’enfants des rues ont saccagé la mosquée, et brulé les meubles.

Coran à terre, odeurs d'urine dans la mosquée... Certains assurent qu'on détruit les edifices religieux, que c'est une guerre de religion. 30 ans de recul, se lamente un habitant.

La solution politique se dessine pourtant. Au total, une dizaine de noms circulent. Une ancienne ministre du commerce, un ancien ministre de la defense, ou un ancien chef d'état major. Les candidats ne sont pas nombreux. Il faut dire que celui qui sera désigné président de transition n’aura pas le droit de se présenter à la prochaine élection.

En attendant, ils sont nombreux à appeler au calme. Chez les candidats comme chez les habitants.

Quel président pour la Centrafrique ?
Quel président pour la Centrafrique ? © Radio France
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