La moitié des Ethiopiens ont moins de 15 ans
La moitié des Ethiopiens ont moins de 15 ans © Reuters / Esam Al-Fetori

L'Ethiopie mène depuis quelques années une nouvelle "guerre", c'est le gouvernement lui-même qui emploie ce terme, une "guerre" contre la croissance démographique galopante.

La démographie est un gros enjeu pour ce pays de 90 millions d'habitants, le deuxième plus peuplé d'Afrique. L'Ethiopie est en pleine croissance économique. Et pour assurer un développement économique optimal, le gouvernement entend maîtriser la transition démographique. C'est-à-dire à la fois, faire baisser la mortalité avec de meilleurs soins et faire baisser les naissances.

La population a doublé en 25 ans

Elle est jeune avec près de la moitié des Ethiopiens qui ont moins de 15 ans. Le gouvernement souhaite donc mettre en place une politique active de planification des naissances. Pour cela, une "armée" a été levée. Ce sont les assistantes de santé. Ces femmes sont déjà 40 000 et l'Etat souhaite en recruter 10.000 supplémentaires. Après une formation d'un an, elles sillonnent le pays jusque dans les régions les plus reculées pour un salaire de 50 euros par mois. Comme Bahan qui visite jusqu'à dix maisons par jour pour faire de la prévention.

Lemlem, une Ethiopienne de 21 ans, se fait poser un implant
Lemlem, une Ethiopienne de 21 ans, se fait poser un implant © Solenne Le Hen/Radio France

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Un pays à majorité chrétienne

La jeune femme propose des contraceptifs gratuits, financés par l'ONU. Quasiment toutes les Ethiopiennes ont désormais le choix entre un implant, qui dure trois ans, une injection, efficace 3 mois, la pilule, le préservatif masculin, ou le stérilet. Comme beaucoup, Lemlem a décidé de se faire poser un implant ce matin-là. La jeune femme aux traits encore enfantins a du mal à masquer son angoisse. Dans ce pays à majorité chrétienne où l'avortement reste illégal à de très rares exceptions, la contraception gratuite répond à une demande de nombreux couples.

La contraception modifie aussi le rapport de force entre les épouses et leurs maris

Près d'un tiers des Ethiopiennes utilisent désormais un moyen de contraception, selon le Ministère de la Santé. Cette démarche de l'Etat au sujet de la vie privée des familles peut paraître intrusive. Pour Faustin Yao, représentant de l'ONU en Ethiopie. Il ne s'agit pas de planification autoritaire, comme cela a pu être le cas par exemple dans le passé en Chine, puisqu'il n'y a pas d'obligation. Pourtant le gouvernement éthiopien estime que déjà un tiers de couples du pays utilisent un moyen de contraception. Ceux qu'il appelle des "familles modèles".

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