Retour ce matin dans la 1ère circonscription de l'Isère, qui englobe une partie de Grenoble et la vallée du Grésivaudan. Alain Carignon, l'ancien ministre des gouvernements Chirac en 1986 et Balladur en 1993, tente un retour politique. Il s'est qualifié pour le second tour, mais pour lui c'est loin d'être gagné. Il était passé en quelques mois d'un ministère à la prison. Il y a une dizaine d'années, il y est resté 29 mois « pour corruption, abus de bien sociaux ». Et ces dernières années, le président de l'UMP Isère a fait le pari de revenir en politique, sur la 1ère circonscritpion, pour « laver une tâche », ce sont ses termes. Mais le député UMP sortant Richard Cazenave n'a jamais voulu se retirer. Et au terme d'une campagne extrêmement tendue, c'est Alain Carignon qui est arrivé premier à droite avec 21. 4 % des suffrages. Certes loin derrière la candidate socialiste Geneviève Fioraso, 32% mais devant Richard Cazenave. Alain Carignon (interview). Un appel du pied d'Alain Carignon à l'électorat de droite, mais la campagne du premier tour a été tellemement violente entre les deux candidats sarkozystes que celà s'annonce difficile. Les derniers jours avant le 1er tour ont même donné l'impression que tout était permis dans cette campagne. L'UMP Isère a menacé de déposer un référé contre Richard Cazenave qui utilisait l'enseigne « UMP sortant » sur ses bulletins. Le maire socialiste de Grenoble, Michel Destot, et la candidate socialiste, Geneviève Fioraso, ont porté plainte contre X. L'ensemble des messageries internet du personnel communal ayant reçu un mail anonyme qui les metttait en cause - un message qui renvoyait à des sites tenus par des proches d'Alain Carignon. De son côté, Alain Carignon estime que c'est lui qui a été victime d'attaques et pose la question : « Pourquoi tant de haine ? » (interview). Le problème c'est que Richard Cazenave ne l'entend pas de cette oreille. Avec 19.6 %, le député sortant est certes contraint de se retirer de la battaille, il rate la triangulaire à 200 voix ; mais dans une interview exclusive à France Bleu Isère, il règle ses comptes avec Alain Carignon et n'appelle pas à voter pour lui (interview). Et Richard Cazenave n'est pas le seul : les appels à faire barrage à Alain Carignon se multiplient depuis dimanche dernier. Les Verts, le Parti communiste, le Mouvement pour la France de Philippe de Villiers et le Modem, notamment. D'ailleurs Philippe de Longevialle, le candidat centriste, fort de ses 10.3% dimanche soir, entend peser sur le second tour, son message est sans ambiguité (interview). Voilà pour l'ambiance. Alors dans ce contexte, la candidate socialiste, Geneviève Fioraso, poursuit sa campagne en restant sur sa ligne politique. Elle est arrivée largement en tête avec 32%. Elle enregistre évidemment les prises de positions de ses adversaires du 1er tour avec satisfaction. Mais elle l'a toujours dit, elle ne veut pas être élue par défaut (interview). Ce ne sera pas simple dimanche pour Alain Carignon. La semaine dernière, un sondage BVA pour « Le Dauphiné libéré » donnait même Geneviève Fioraso gagnante avec 62%. En pleine vague bleue, le « PS isérois » est en passe de ravir à l'UMP cette circonscritpion historiquement ancrée à droite. On appellera ça le paradoxe grenoblois. Un dossier de Nicolas Crozel.

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