Ce sont les premiers remparts contre le terrorisme : 7 000 soldats déployés depuis l'attaque de "Charlie Hebdo", en 2015. Deux ans après, ils restent plus que jamais mobilisés.

Des soldats Sentinelle du 44e régiment de transmissions de Mutzig s'entraînent aux Techniques d'intervention opérationnelle rapprochée (Tior).
Des soldats Sentinelle du 44e régiment de transmissions de Mutzig s'entraînent aux Techniques d'intervention opérationnelle rapprochée (Tior). © Radio France / Thibault Lefevre

Lancée après l'attaque de Charlie Hebdo, la mission Sentinelle devait à l'origine durer trois mois. Plus de deux ans et demi après, le champ d’action, les méthodes et le contexte ont changé… La formation aussi. Thibault Lefèvre a assisté à un entraînement de militaires mobilisés.

Au 44ee Régiment de transmission de Mutzig, près de Strasbourg, 27 militaires sont engagés dans la mission Sentinelle. Les soldats sont entraînés pendant deux semaines avant d'être envoyés pour deux mois dans les rues de Besançon.

Principal module de formation : le tir. Car on ne tire pas de la même façon sur le territoire national qu'en opération extérieure. Les soldats Sentinelle ont donc deux jours pour apprendre à utiliser leur arme en zone urbaine.

Nouvelles règles d'engagement

Des bidons et des mannequins sur un parcours d'une trentaine de mètres et, derrière ces obstacles, une cible. L'objectif : faire mouche au moins 13 fois sur les 16 coups possibles.

Les règles d'engagement du feu qui ont changé depuis le vote de la loi du 3 juin 2016. Comme les policiers et les gendarmes, les militaires ont désormais le droit de riposter dans l'urgence. Ils apprennent donc à tuer en dernier ressort et selon les principes de la légitime défense.

Un enjeu essentiel pour l'Etat-major, qui veut à tout prix éviter ce qui serait la première bavure militaire, et qui passe par une sérieuse formation juridique. Un travail efficace puisque, en deux ans et demi, des soldats sentinelle ont ouvert le feu trois fois, sans contrevenir à la loi.

Bilan : un agresseur tué à Orly, deux autres blessés au Louvre et à Valence, des civils épargnés et aucun militaire poursuivi en justice.

Des conditions difficiles

Un sans-faute malgré des conditions de travail de plus en plus compliquées.

Des patrouilles de 25 kilomètres par jour avec 25 kilos d'équipement, des militaires éloignés jusqu'à 220 jours par an de leur famille... Ces difficultés imposent à l'exécutif de repenser la mission Sentinelle.

Ce qu'Emmanuel Macron a promis de faire, en proposant d'adapter la mission en fonction du niveau de la menace terroriste.

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