La saison des festivals s'annonce bien maussade surtout lorsque l'on consulte la cartocrise élaborée par Emeline Jersol , médiatrice dans une association culturelle dans le Nord. Elle recense depuis le début de l'année toutes les festivals ou structures culturelles touchés par la baisse des budgets. Il y a ce matin 195 points sur la carte .

Face à la baisse - 11 milliards sur trois ans - des dotations de l'Etat, les collectivités locales réduisent leurs subventions , contraignant beaucoup de manifestations à réduire la voilure, voire à mettre la clé sous la porte. Exemple à Vendôme dans le Loir-et-Cher où n'y aura pas de Rendez-vous de l'été. Il s'agissait de concerts de musique actuelle, tous gratuits. Le maire UMP Pascal Brindeau a demandé à toutes les associations culturelles de la ville de faire des économies. Jocelyn Borde qui dirige l'association de musique actuelle encaisse le coup mais veut continuer à croire à la culture en milieu rural. Car les gros festivals de rock, pop ou électro (comme Les Eurockéenes) dont l'économie repose davantage sur la billetterie et moins sur les subventions, se portent mieux dans l'ensemble.

Les plus fragiles sont les festivals de spectacle vivant - qu'ils soient grands ou petits. Et ce coût de rabot concerne toutes les municipalités, de droite comme de gauche. Cécile Helle , maire PS d'Avignon a réduit de 5% sa subvention au Festival de Théâtre dont la 69ème édition a été écourtée.

De son côté, le ministère de la Culture rappelle qu'il vient de mettre en place des «pactes» avec les collectivités locales. «Je leur propose de m'engager à leurs côtés en maintenant sur leur territoire les crédits du ministère de la Culture pour les trois prochaines années s'ils acceptent eux aussi de stabiliser leurs financements », martèle lors de chaque déplacement la ministre Fleur Pellerin . Malgré cela la cartocrise se noircit de jour en jour. Et au-delà des festivals, il y a de grandes structures culturelles qui vont souffrir l'année prochaine. A Toulouse, la ville retire 10% de sa subvention au Théâtre National. Même chose à Chambéry.

La culture n'est donc plus au cœur des préoccupations des élus. Et cela inquiète Jean-Pierre Saez , le directeur de l'Observatoire des politiques culturelles.

Nous sommes dans une période d’affaissement de l’ambition politique pour la culture. Il faut aussi que les citoyens disent qu’ils veulent plus de culture. Parce que plus de culture, c’est plus de lien social. La suppression des moyens va aussi entrainer la suppression d’un climat dans la ville et aussi à la suppression d’emplois. Donc la situation risque continuer de se détériorer de façon assez grave

Festival Rock En Seine, au Parc de Saint Cloud le 25 Aout 2012 à Paris, France...
Festival Rock En Seine, au Parc de Saint Cloud le 25 Aout 2012 à Paris, France... © MaxPPP /

L'équipe

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.