Le PS, "ce grand cadavre à la renverse où les vers se sont mis", comme l'écrivait Jean-Paul Sartre en 1960. À la veille du vote des militants pour désigner leur nouveau chef, direction Lille, ville de Pierre Mauroy et Martine Aubry.

A gauche, François Lamy, proche de Martine Aubry, et à droite, dans son bureau de la Fédération du Parti Socialiste du Nord, Martine Filleul.
A gauche, François Lamy, proche de Martine Aubry, et à droite, dans son bureau de la Fédération du Parti Socialiste du Nord, Martine Filleul. © AFP / Jacques Deamrthon / Philippe Huguen

Une région qui s'est donnée en 2015 à la droite pour contrer le Front National, et où les Insoumis aux législatives ont raflé de beaux fiefs socialistes.

Ici les militants font aussi babysitter quand il y a une réunion. À Lille, on compte 5000 adhérents, dont 2700 à jour de cotisations. Pas si mal, pour la sénatrice Martine Filleul, qui dirige la Fédération du Nord. "Au fur et à mesure du mandat de François Hollande, nous avons vu partir des camarades. Ils ne se reconnaissaient dans la politique qui était menée", regrette-t-elle. "Puis nous avons vu, au moment de l'élection présidentielle, partir des camarades en même temps que Manuel Valls et Benoît Hamon. Ceux-là ne me semblent pas revenir au Parti socialiste..."

En revanche, elle constate "avec beaucoup de bonheur" l'arrivée de nouvelles adhésions. "Pas en masse, je mentirais. Mais il y a des personnes qui viennent au Parti socialiste comme nouveaux adhérents."

Des nouveaux socialistes qu'on pouvait par exemple croiser lundi soir, lors d'un débat autour des textes des quatre candidats pour le poste de Premier Secrétaire. Et il y a foule. "Heureusement qu'on existe ! La gauche et le Parti socialiste, c'est quelque chose d'enraciné dans le Nord", explique Estelle, une militante. "On est sur le territoire de Salengro, de Pierre Mauroy, d'hommes qui ont fait tant pour le peuple de gauche..."

Julien estime lui qu'il faut reparler à "l'audience naturelle" du Parti socialiste : "les salariés, les ouvriers, les classes moyennes... Tout ce qui fait notre socle électoral et idéologique." Pour lui, l'actuelle division de la gauche doit permettre de débattre : "Ce qui est sûr, c'est que l'avenir de la gauche va passer par des dialogues entre plein d'organisations et plein de partis. Y compris avec les Insoumis, qui eux ne veulent pas trop parler avec nous pour l'instant. Mais ça va venir, je garde toujours l'espoir. On a pris cher, on ne sait pas ce que ça va donner, donc on s'accroche."

Dans la région, certains n'ont pas réussi à s'accrocher : François Lamy, ancien ministre de la Ville et fidèle de Martine Aubry a été sèchement éjecté au premier tour des législatives, dans la circonscription de Pierre Mauroy. Elle est aujourd'hui aux mains de l'Insoumis Adrien Quatennens.

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