En 2014, l'équipe municipale actuelle de Nevers s'était fait élire sur la promesse d'une revitalisation du centre-ville. A quelques mois des élections, les signes de dynamisme sont là, même si la tendance reste fragile.

Le centre-ville de Nevers est en partie piéton
Le centre-ville de Nevers est en partie piéton © Radio France / Delphine Evenou

Chaque semaine, France Inter vous emmène avec "Code Postal" à la rencontre de ces villes, de ces villages pour qui l'élection municipale de mars 2020 sera un rendez-vous majeur.

Pour le deuxième épisode de cette série, direction Nevers. Pendant des années, le chef-lieu de la Nièvre a vu commerces et habitants quitter son centre-ville. Mais la tendance, depuis plusieurs mois, semble s’inverser pour amorcer une revitalisation.

Pour en témoigner, Pierrette Concile, adjointe au commerce, nous fait parcourir la rue Saint-Martin, qui relie le centre historique de Nevers à la partie commerçante. L'artère a été rénovée en 2016 pour élargir les trottoirs, limiter la place de la voiture et donc faire revenir les piétons. 

Réaménagement de la rue Saint-Martin à Nevers
Réaménagement de la rue Saint-Martin à Nevers © Radio France / Delphine Evenou

Angélique y a déménagé sa boutique de puériculture pour se rapprocher de ses collègues commerçants : "Plus on est nombreux, plus on est attractifs". Pierrette Concile le constate : "Nous avons perdu 10 000 habitants en 10 ans, et le centre-ville est donc plus petit, plus compact, il faut l'accepter, et s'adapter. Désormais, un centre-ville, on doit le voir comme une galerie commerçante à ciel ouvert".

Pour dynamiser le centre-ville, la mairie a aussi mis trois agents municipaux sur le dossier du commerce. L'un d'eux est même chargé de prendre en charge les nouveaux arrivants. "La mairie m'a aidé à monter mon dossier pour qu'il soit solide face aux banques" témoigne Olivier, gérant d'un magasin de vente en vrac ouvert il y a moins d'un an, "j'ai tenu bon grâce à eux, alors que l'on m'incitait à aller m'installer en périphérie, mais je tenais à monter un commerce de proximité". Olivier a en revanche du se résoudre à installer dans sa boutique un point relais pour les colis afin de faire connaître sa boutique, alors même qu'internet, avec les zones d'activité commerciale, est l'un des concurrents les plus féroces des petits commerçants de centre-ville. "On n'a pas le choix, il manque des magasins de vêtements, de chaussures. Internet, c'est la nouvelle façon de consommer, et le maire a beau faire ce qu'il peut, c'est comme cela" justifie Laurent, neversois de 48 ans. "Nevers se meurt", abonde Catherine, la soixantaine, "les entreprises ont délocalisé, et la jeunesse part, donc les magasins aussi". 

Et pourtant, si une grande partie des habitants ne semble pas croire à la revitalisation de leur centre-ville, le frémissement est là. "On constate que les volumes de vente repartent à la hausse, même si les prix traînent encore", témoigne François, agent immobilier. Et le taux de vacance commerciale est passé de 24 à 19% en cinq ans, selon la mairie. Mais cet équilibre est fragile : si en 2018 il y a eu plus d'ouvertures de boutiques que de fermetures, en 2019, l'équilibre devrait être légèrement négatif. 

Rue François Mitterrand à Nevers, les loyers sont trop élevés pour les commerces
Rue François Mitterrand à Nevers, les loyers sont trop élevés pour les commerces © Radio France / Delphine Evenou

Mais Nevers est optimiste : la commune est l'une des 222 sélectionnées pour le programme "Action coeur de ville" du gouvernement, ce qui doit lui permettre d'obtenir, si ce ne sont des crédits supplémentaires, une accélération dans le financement des projets de revitalisation. 

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