La famille a été transférée dans un camp de fortune à dix kilomètres au nord de la ville de Chios
La famille a été transférée dans un camp de fortune à dix kilomètres au nord de la ville de Chios © Radio France

Troisième épisode d'une série de reportages exceptionnels sur le voyage d'une famille syrienne depuis le sud de la Turquie jusqu'en Europe. Omar Ouahmane, correspondant de France Inter au Liban, l’a suivie pendant douze jours à travers sept pays.

Hier nous avons vécu la traversée périlleuse sur un bateau pneumatique entre la Turquie et l'île de Chios en Grèce. Ce matin nous retrouvons une famille épuisée après une première nuit dans un camp de réfugiés.

►►►Retrouvez les étapes précédentes du périple de Maya, Wassim, Lotus et Mohammed Taim ici (carte interactive)

L'ambiance sonore dans le camp :

"La nuit a été très difficile…Nous avons dormi sur le sol et il y avait des insectes dans la tente…Je savais que la Grèvce avait des problèmes économiques mais je ne m’attendais pas à ça.", explique la maman.

A peine arrivés sur le sol grec, Maya, Wassim le papa et leurs deux enfants Lotus, trois ans et demi et Mohamed Taim deux ans et demi ont été transférés dans un camp de fortune à dix kilomètres au nord de la ville de Chios où ils sont restés plus de 24 heures, le temps d'être enregistrés par la police grecque.

Plusieurs heures d'attente pour obtenir un laisser-passer

Ils ont attendu plusieurs heures au soleil pour obtenir un laisser-passer qui leur permettra d’embarquer sur le ferry pour Athènes. Une fois le précieux sésame en poche la famille de Lotus s'est empressée d'acheter les billets pour Athènes la capitale mais comme les premiers ferrys étaient pleins en raison de l'afflux considérable de migrant, il a fallu attendre un jour avant de pouvoir quitter l'île. Une journée que les enfants ont passé à la plage avec leur papa qui nous apprend que, comme beaucoup de réfugiés syriens, il devait faire le voyage seul.

"Compte tenu des risques, je voulais partir seul pour demander l’asile en europe et faire venir ma famille. Mon épouse a dit "Hors de question, ou on part ensemble, ou personne ne part". Etre une femme seule avec des enfants en Syrie est très difficile au quotidien…"

"Je devais partir seul", explique Wassim :

C'est finalement dans un ferry bondé qu’ils ont embarqué pour Athènes qui se trouve à 8 heures de mer de Chios. Il est alors 23h30 et faute de place nous allons passer la nuit assis sur le pont du bateau. "J’étais très content avant d’embarquer sur le ferry… Puis quand j’ai vu les chaises en plastique sur le pont, j’ai eu un choc… Je pensais qu’on allait voyager sur des sièges confortables ! Le voyage va durer huit heures tout de même…", témoigne Wassim.

Nous sommes fatigués. Psychologiquement, physiquement, nerveusement.

A 7h du matin, c’est une véritable marée de réfugiés qui débarque dans le port du Pirée. Maya, elle, est exténuée :"Nous sommes fatigués. Psychologiquement, physiquement, nerveusement. J’ai pu donner des nouvelles à famille : je leur ai dit que nous étions arrivés à Athènes et qu’il fallait prier pour nous. " Lotus, sa petite fille, elle, semble ne se rendre compte de rien. Elle ne demande toutefois plus quand ils reviendront à la maison.

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