La crise de l’immobilier a fait des ravages aux Etats-Unis. Beaucoup de petits propriétaires ont dû abandonner leurs maisons saisies par les banques, faute de pouvoir payer les traites. Parfois, des villes entières ont été englouties par l’effondrement de l’immobilier, comme à Cape Coral, en Floride, un petit Paradis au bord de l’eau. Cape Coral, la ville aux 400 km de canaux, plus fort que Venise. Cape Coral qui, entre 2004 et 2006, a eu le taux de construction le plus haut des Etats-Unis. Et qui l’an dernier, avait le taux de saisies immobilières le plus haut des Etats-Unis. Une de ces villes construites sur du vent. En février dernier, les banques reprenaient 40 maisons par jour. Le chômage est passé de 0 à 10 puis 13%. Le maire de Cape Coral raconte cette dégringolade. Il s’appelle Jim Burch (interview). Est-ce qu’on a touché le fond ? En termes de prix oui. On remonte même un peu. Ici, les maisons se vendaient 300, 400 000 dollars, on en trouve aujourd’hui à 60 000 dollars avec piscine. Il y en a même une à 75 000. Bateau compris ! Les acheteurs sont donc revenus. Marc Joseph est agent immobilier, il organise des tours en bus et en bateau, des maisons saisies (interview). Et le fait est qu’aujourd’hui, l’inventaire des saisies a baissé énormément. 45% environ du marché contre 88 l’an dernier. Jonathan Smith vit à Cape Coral. Il cherche à acheter, il explique la vitesse à laquelle vont les ventes aujourd’hui et la concurrence des investisseurs (interview). Ce sont pourtant des personnes comme Jonathan qui feront repartir l’économie de la ville. Alors comment les aider à acheter ? Jusqu’au mois de novembre seulement, il y a un programme d’aide aux primo achetant. 8000 dollars de déduction d’impôt. Paula Hellenbrant est l’une des responsables du groupe des agents immobiliers de Floride (interview). Pour attirer les habitants, il faut que la ville offre du travail. Pour offrir du travail, elle doit faire revenir les entreprises. Pour faire revenir les entreprises, il faut vendre autre chose qu’une ville en faillite. Jim Burch, le maire, vend ses canaux, son soleil et s’appuie sur le coup de pouce du gouvernement (interview). Est ce qu’on peut dire que Cape Coral est sorti du rouge ? En tout cas l’immobilier est reparti. Il s’agit de savoir si sans les perfusions du gouvernement, il peut tenir tout seul. On le saura vite. Pour Cape Coral, le problème c’est que le marché de l’emploi est en général le dernier à repartir. Et il faut qu’il s’enclenche aussi. Je vous laisse avec Tammy. Qui n’est pas propriétaire. Mais qui est l’effet collatéral terrible. Une image de cette crise (interview). _____Un reportage de Fabienne Sintès, correspondante à Washington aux Etats-Unis.

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