Par Yann Gallic Aujourd'hui, ils sont déjà un million à avoir fait le choix de s'installer à l'étranger. Et selon une récente enquête de l'institut Ipsos, 1 retraité sur 5 serait prêt à quitter la France pour compenser la baisse de son pouvoir d'achat. Le Maroc est l'une des destinations privilégiées. Nous allons ce matin dans le sud marocain, dans un village entièrement conçu pour ces retraités en quête d'exotisme. Dyar Shemsi, "Les résidences du soleil" c'est le nom de ce village situé à 40 km d'Agadir dans une orangeraie de 30 hectares aujourd'hui transformée en vaste chantier. Des dizaines d'ouvriers travaillent ici sous une chaleur de plomb. Sur le mur de protection qui entoure le site, de larges panneaux publicitaires vous promettent une retraite paradisiaque au pied des montagnes de l'Atlas. Villas, piscines et palmiers, Dyar Shemsi s'inspire du modèle des Sun City, ces villes américaines réservées au troisième âge. Kamil Msefer est à l'origine du projet. Cet ancien informaticien a longtemps vécu aux Etats-Unis avant de se lancer dans l'immobilier. Des services à la carte et des démarches administratives simplifiées, Dyar Shemsi affiche également des prix de vente attractifs : environ 100 000 euros pour une maison de 70 m2 entièrement meublée. Et ce concept attire principalement des retraités français, comme Maurice Morand. Autrefois, il travaillait dans l'exploitation forestière en Afrique. Aujourd'hui, ce retraité de 66 ans a revendu sa maison près de Saint Nazaire pour venir s'installer au Maroc. Maurice est fier de nous faire visiter sa future villa de 160 m2 avec piscine, pergola et jardin. Ici, la vie est deux fois moins chère qu'en France, sans oublier les avantages fiscaux. Les Français expatriés bénéficient d'un abattement de 40% sur leur pension de retraite et sont exonérés à 80% sur les revenus transférés au Maroc. Le village de Dyar Chemssi ouvrira ses portes début 2011. Soutenus par le gouvernement marocain, d'autres projets similaires sont déjà dans les cartons. Un pari à double tranchant, car si la présence étrangère permet de développer le commerce et l'emploi dans la région, elle fait aussi grimper les prix de l'immobilier. A Agadir, les Marocains ont de plus en plus de mal à se loger et ces villages pour retraités risquent d'amplifier le phénomène, selon Richard Vainopoulos. Spécialiste du tourisme, il dirige un réseau de 600 agences de voyage à travers la France. Les rares Marocains qui perçoivent une pension de retraite touchent en moyenne entre 100 et 400 euros par mois. Eux ne pourront jamais s'offrir un coin de paradis à Dyar Shemsi.### liens

Retrouvez le dossier spécial par Valeria Emanuele

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.