Toute la semaine, nous nous intéressons aux nouveaux élus de la République. Aujourd’hui, Aurélien Pradié, député Les Républicains de la première circonscription du Lot.

"Mon village c’est mon école, car c’est là que j’ai tout appris" explique le nouveau député Aurélien Pradié
"Mon village c’est mon école, car c’est là que j’ai tout appris" explique le nouveau député Aurélien Pradié © AFP / Pascal Pavani

Aurélien Pradié, 31 ans, a créé la surprise en juin dernier en se faisant élire dans un bastion de gauche, à contre-courant de la vague En Marche.

Corinné Cutilla a rencontré Aurélien Pradié sur ses terres, à Labastide-Murat, dans le Lot et le jeune député l’a embarquée dans sa voiture, direction, Puy-l'Évêque, à une cinquantaine de kilomètres de Labastide-Murat, pour le 70e anniversaire de la caserne des sapeurs-pompiers. Une présence, un discours, qui font partie de la mission et Aurélien Pradié fait le job et dit aimer ça :

Pour moi, c’est un vrai plaisir je me suis toujours dit que le jour où ça m’emmerderait, il faudrait que j’arrête.

"Être député, c’est l’occasion de rencontrer du monde", explique Aurélien Pradié "et puis je suis pompier volontaire depuis quelques années. J’ai commencé mon parcours politique comme conseiller général et comme j’étais aussi membre du conseil d'administration des pompiers je ne pouvais pas être pompier. J’ai dû patienter quelques années, mais dès que j’ai pu je suis rentré dans les formations de sapeur pompiers. J’ai mon uniforme et je rends service dès que je peux".

Né pas décevoir est l’obsession d'Aurélien Pradié
Né pas décevoir est l’obsession d'Aurélien Pradié © Maxppp / Aurelien Morissard

À priori, rien ne prédestinait Aurélien Pradié à faire de la politique

Ses parents étaient gérants d’une petite entreprise d’agro-alimentaire. Il n'est donc pas un héritier politique, il n’a pas de mentor, et pourtant il se présente pour la première fois en 2008 aux élections départementales. Une tentative qui sourit au jeune candidat : "J’ai d’abord été élu à 21 ans, au premier tour, conseiller général. J’ai battu mon instituteur après avoir fait campagne en mobylette. Puis je suis devenu le plus jeune maire du Lot, puis président de l’intercommunalité, puis un peu après conseiller régional et désormais député. J’ai été élu par des électeurs qui avaient trois ou quatre fois mon âge. Ils ont eu du mérite à faire confiance à un jeune de 21 ans".

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Mon village, c’est mon école, c’est là que j’ai tout appris.

Son village c’est Labastide-Murat. Il est né dans cette commune de 1 000 habitants dont l’école porte le nom de Simone Veil. À cause du non cumul des mandats, il devra bientôt lâcher une de ses casquettes et choisir entre maire et député. Il vit ça comme un crève-cœur :"Je ne vais pas pouvoir rester député-maire longtemps parce que le cumul des mandats me l’interdira dans quelques mois. Je pense qu’on doit avoir des députés qui sont conscients de ce qui se passe sur le terrain. Je suis effrayé de voir que beaucoup de mes collègue ne savent pas ce qu’est un conseil municipal. Une de mes collègues ne savait pas que des communes de 1 000 habitants pouvaient exister !"

Je vais me battre à l’Assemblée nationale pour qu’on corrige cette erreur.

"On devrait pouvoir être député et maire de petite commune", explique Aurélien Pradié "il faut fixer un seuil. Là on est en train d’appauvrir l’Assemblée avec des députés qui ne seront spécialisés que dans la vie parlementaire. Quand je reviens en circonscription le jeudi matin, je remets les pieds dans la réalité."

Le jeune député passe la moitié de son temps à Paris, l’autre dans le Lot. Petit coup d’œil dans le rétroviseur depuis son élection au Palais Bourbon : "Je me souviens du jour où je suis rentrée dans l’hémicycle. Je n’y étais jamais rentré par superstition, je suis resté durant un quart d’heure un peu momifié devant ce lieu qui a un sens et une histoire profonde".

"Je ne suis pas déçu, je suis passionné et je suis là où on vote la loi. Je suis maire d’un territoire dans lequel on sait les conséquences que peut avoir la loi ! C’est un moment où on se calme, on sort d’une campagne où on a beaucoup travaillé et on se pose et on se dit qu’on est député de la nation, il faut tout faire pour ne pas décevoir".

Ne pas décevoir c’est presque une obsession pour cet enfant du pays, toujours tiré à quatre épingles. Sportif, il pratique la boxe et la course à pied. Le jour de notre rencontre il courrait à Soucirac, une course baptisée "sur les traces de Napoléon".

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