Qu'est devenu Adam ? C'est la question que se pose, avec angoisse, depuis maintenant un mois et demi, sa mère, Aurélia. Adam est un petit garçon de 2 ans et demi, enlevé par son père, en plein Paris. Depuis : plus de nouvelles. La brigade des mineurs est chargée de l'enquête. Une affaire particulièrement délicate. Le père d'Adam est un franco-tunisien de 50 ans, habitué aux petits boulots dans une société d'intérim. Après 5 ans de vie commune, l'homme se sépare d'Aurélia, la mère d'Adam. Nous sommes en avril 2004. Trois mois plus tard : le juge aux affaires familiales accorde un droit de visite au père d'Adam. Une enquête sociale et médico-psychologique est diligentée dans la foulée et le 30 mai 2005, le droit de visite du père est finalement suspendu. L'homme n'a plus de travail. Il refuse de payer le loyer. Aurélia va alors vivre chez sa mère, dans le XXème arrondissement de Paris, où se rend, le 4 novembre dernier, le père d'Adam, comme le raconte Aurélia et sa mère (interview). Pour Me Eduardo de Almeida Costa, l'ancien avocat du père d'Adam, l'homme n'a pas supporté qu'on suspende son droit de visite (interview). Pour le moment, la question de savoir si Adam se trouve toujours sur le sol français est la question principale. Le père d'Adam a de la famille en Belgique, mais surtout en Tunisie. D'ailleurs le 30 novembre dernier, l'un des frères du père d'Adam qui réside à Hammam-Lif, dans la banlieue de Tunis, a passé un coup de fil à l'avocate d'Aurélia, comme le raconte Me Chantal Millier-Legrand (interview). Depuis ce coup de fil, aucun nouveau contact avec l'avocate permettant de confirmer la présence d'Adam en Tunisie. Pourtant, une source proche de l'enquête laisse entendre clairement que l'enfant se trouve bien en ce moment en Tunisie. Le problème, c'est que ce pays n'est pas signataire des accords de La Haye, qui permettent d'accélérer la procédure en pareil cas. Tout va donc dépendre de l'attitude conciliante ou pas du père et de la stratégie du juge d'instruction chargée du dossier, Martine Vezant, libre ou non de délivrer un mandat d'arrêt international. De toutes façons, tout cela va prendre du temps, difficile à vivre pour Aurélia (interview). Malheureusement, ce type de drame n'est pas un cas isolé. Plus de 500 couples bi-nationaux sont concernés chaque année par des enlèvements - chiffre officiel sans doute sous-estimé, en constante progression. Et pour Jean-Claude Carrarro, de l'association "SOS enlèvements internationaux d'enfants" installé en Gironde, il faut rendre le dispositif existant beaucoup plus efficace (interview). Aujourd'hui Aurélia se dit prête à prendre un avocat en Tunisie, voire à aller sur place s'il le faut. Pour toute information sur Adam, vous pouvez consulter, le site internet : http://adamsos.ifrance.com/ Il y a également une ligne ouverte : 01 30 98 88 88 Un dossier de Benoit Collombat.

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