Emeutes et manifestations agitent la Grèce depuis 8 jours. A l'origine de cette vague de violences sans précédent : la mort d'un adolescent, tué par un policier, samedi dernier à Athènes. Même si le calme semblait revenu, ce week end, de nouvelles manifestations sont prévues aujourd'hui dans les grandes villes. Toute la semaine dernière, le pays a été en crise. Place Syntagma en plein centre d'Athènes. Devant le parlement, plusieurs centaines de jeunes manifestants affrontent les forces anti-émeutes. Quelques jets de pierre et les policiers répliquent à coup de gaz lacrimogène. Panos Zomas est avocat. Il oberve cette scène devenue quotidienne depuis une semaine (interview). Autre lieu symbolique : le quartier anarchiste d'Exarchia. C'est là que le jeune Alexis Grigoropoulos a été abattu par un policier le 6 décembre dernier. A quelques rues de l'école polytechnique, foyer de la contestation. Le bâtiment a des allures de camp retranché. Ici, les journalistes ne sont pas les bienvenus. Derrière la grille, 2 militants cagoulés filtrent les entrées. L'échange a été enregistré en micro caché (interview en micro caché). La rage contre la police et le gouvernement, qui sont qualifiés d'assassins. Même si les anarchistes grecs sont minoritaires, ils restent très actifs dans les grandes villes du pays, à Athènes et Salonique notamment. Et les récents affrontements ont prouvé qu'ils étaient capables d'ébranler l'Etat. Ces mouvements d'extrême gauche n'ont fait qu'amplifier la colère de la jeunesse grecque. Dans les manifestations, on a vu des militants politiques mais aussi des étudiants et des lycéens, simplement inquiets pour leur avenir. En Grèce, près de 24% des jeunes sont aujourd'hui au chômage. La plupart ont fait des études supérieures comme Pavlos (interview). La situation sociale est explosive et pas seulement chez les jeunes. 40 % des salariés grecs gagnent moins de 1 100 euros bruts par mois. Parmi les pays de l'Union Européenne, la Grèce est celui qui a le taux le plus élevé de travailleurs pauvres. Mais les émeutes de cette semaine sont aussi la conséquence d'une crise plus profonde, une crise sociale, on l'a vu, mais aussi institutionnelle. L'institution la plus critiquée étant sans doute la police. La plupart des Grecs ont un profond mépris pour leurs policiers, jugés inefficaces. Richard Someritis est éditorialiste au quotidien « To Vima », journal de centre gauche (interview). Une crise politique enfin. Les Grecs sont de plus en plus exaspérés par les affaires de corruptions, à droite comme à gauche. Malgré tout, certains restent optimistes pour l'avenir du pays. A l'image de Marina Droutsa, professeure de français à Athènes (interview). Seule certitude : Cette vague de violence a considérablement fragilisé l'actuel gouvernement de centre droit. Le premier ministre, Costas Caramanlis, semble avoir été dépassé par les évenements. La gauche réclame sa démission car, dit-elle, la Grèce est désormais un navire sans capitaine, un bateau à la dérive. Un reportage de Yann Gallic.

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