Un reportage de Vanessa Descouraux, en direct d’Haïti, avec Nicolas Mathias Le pays est toujours plongé dans une crise politique, après le premier tour de la présidentielle de fin novembre. Après les violences de la semaine dernière –il y a au moins quatre morts dans des manifestations– la situation est toujours très instable. Toujours à cause des accusations de fraudes. On accuse le candidat du pouvoir, Jude Célestin, d’être apparu miraculeusement au deuxième tour. Mais aujourd’hui, ces soupçons de fraudes se précisent via des documents qui ont fuité du CEP, le Conseil électoral provisoire. Et c’est un journaliste haïtien qui nous les dévoile : Michel Soukar travaille à la radio Signal FM. Interview de Michel Soukar Ces documents sont peu à peu lus sur les nombreuses radios de la bande FM du pays. Ce qui risque de crisper encore plus l’ambiance ici et ça paraît inévitable aux yeux de Michel Soukar. Interview de Michel Soukar - Et les candidats qui contestent ce scrutin, comment ont-ils réagi ? En ce moment, ils déposent leur recours auprès du CEP. Ils tentent tant bien que mal d’envisager une sortie de crise. Par exemple, Michel Martelly, en théorie éjecté du deuxième tour. Il faut rappeler que ce sont ces partisans qui ont monté des barricades dans ses rues. Lui, désormais, il propose d’organiser un deuxième premier tour en quelques sortes, un deuxième tour mais avec tous les candidats. Ces derniers jours, on annonçait la reprise des manifestations. Mais « la météo est du côté du pouvoir » nous disait un pro Martelly, car il pleut en ce moment. Un autre Haïtien avait cette phrase glaçante « on a plus peur ici de la tuberculose que des gaz lacrymo et des balles ». Du coup, la rue attend lundi prochain. Ce jour-là, le CEP est censé annoncer les résultats définitifs. Samson a participé aux manifestations de la semaine dernière. Témoignage de Samson - Quelles sont les conséquences de cette tension persistante ? Les écoles, ouvertes en théorie, mais il n’y a pas grand monde dans les classes. Les commerces ont repris, majoritairement, mais la rue n’a pas retrouvé sa frénésie habituelle. Et les ONG, elles, tentent de s’organiser dans cette situation faite d’incertitudes. Cédric Pérus est coordinateur humanitaire pour Oxfam. Interview de Cédric Pérus Oxfam et d’autres ONG s’organisent en prévision d’éventuels événements. Une partie du personnel étranger va partir dès ce week-end. Et le personnel local lui, a consigne de rester à la maison.

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