Des heures d'attente pour les migrants au LaGeSo
Des heures d'attente pour les migrants au LaGeSo © MaxPPP

L’accueil des migrants est toujours au cœur des préoccupations en Allemagne. Au congrès de son parti la CDU, Angela Merkel a déclaré lundi vouloir « réduire fortement le nombre de réfugiés », mais sans remettre en question sa politique d’ouverture.

Ce centre d’accueil à Berlin fait figure d’exemple pour la prise en charge des migrants. C’est une ancienne mairie de quartier, en plein coeur de Berlin. Comme beaucoup d’autre bâtiments publics (gymnases, casernes, ancien hall d’aéroport, ce lieu a été réaménagé dans l’urgence pendant l’été grâce aux dons des Berlinois.

Aujourd’hui, 960 migrants, une trentaine de nationalités, sont hébergés ici, dans des chambres familiales ou individuelles. Julia, de l’association des Samaritains, fait la visite guidée des lieux. « Ce que vous voyez ici depuis la cour intérieure, tous ces anciens bureaux, du rez de chaussée au quatrième étage, c’est là que sont logés les réfugiés. »

Ville dans la ville qui tourne 24 heures sur 24

Il s’agit d’une véritable ville dans la ville, qui tourne 24 heures sur 24, avec ses 250 employés, ses agents de sécurité à l’entrée. Il y a ici une cantine, une laverie, des salles de jeux pour enfants, un centre médical, un dépôt de vêtements, et même un salon de coiffure ! « C’est un ancien coiffeur du quartier qui a fait don de tout le mobilier de son salon, explique Julia. Et comme nous avons ici quelques réfugiés qui ont une formation de coiffeur dans leur pays, les occupants peuvent venir se faire coiffer gratuitement ! »

Impliquer les réfugiés dans le fonctionnement

Impliquer les réfugiés dans le fonctionnement du centre est un élément essentiel pour pacifier les relations et rendre le quotidien plus supportable estime le directeur, Thomas de Vachroi. « Nous faisons en sorte d’intégrer les nouveaux venus, en leur proposant de donner un coup de main, de travailler s’ils le souhaitent. Et comme ils ont l’occasion de croiser tous les jours beaucoup de bénévoles, ça leur permet de s’intégrer assez rapidement. Tout cela fonctionne plutôt bien. Sachant que nous hébergeons beaucoup de familles, il y a ici 300 enfants, l’endroit reste malgré tout assez calme. »

L’engagement bénévole des Allemands

Ici comme dans beaucoup d’autres foyers, c’est l’engagement bénévole des Allemands qui permet au pays de faire face. En septembre, ils étaient sur les quais de gare pour accueillir les migrants avec des pancartes « Refugees Welcome ». Trois mois plus tard, ils sont plus discrets, mais encore très nombreux à s’investir au quotidien. Il y a 5.000 personnes par exemple dans ce foyer. Beaucoup d’habitants du quartier viennent donner quelques heures de leur temps chaque semaine. Pierre, un Français de Berlin, fait partie de la centaine de prof d’allemand bénévoles. Il donne des cours d’alphabétisation à des Syriens.

« On s’est dit : il y a des gens qui arrivent, qui sont dans le besoin, qui ont subi de lourdes épreuves. Que peut-on faire pour eux ? On s’est présentés, et selon nos capacités, nos goûts, le temps qu’on pouvait investir, on se retrouve l’un enseignant, l’autre à distribuer les plateaux de nourriture, les vêtements, accompagner quelqu’un chez le médecin. C’est très varié. On est tous très motivés, mais c’est presque sentimental, sympathique. C’est ce qu’on doit faire avec son prochain, quelque part ! »

L’administration a du mal à suivre

Malgré tous les efforts et la bonne volonté des bénévoles, l’administration a du mal à suivre. Les services d’accueil à Berlin sont débordés. Le passage par le « LaGeSo », le centre d’enregistrement des migrants, est un véritable calvaire pour les demandeurs d’asile, un lieu qui suscite beaucoup de lassitude et d’impatience.

Ce que confirment tous ceux avec qui nous avons pu parler, et notamment Hamza, un jeune syrien de 20 ans. « Ici, au foyer, les gens sont très accueillants, ça se passe bien. Le problème, c’est les services sociaux, le LaGeSo.Il faut faire la queue pendant des heures dehors. On doit retourner là-bas dix jours de suite, attendre son tour du matin au soir. S’il n’y avait pas le LaGeSo, tout irait bien. » Comme beaucoup d’autres Syriens, Hamza est ici depuis bientôt quatre mois et il attend toujours de savoir si sa demande d’asile sera acceptée.

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