Il y a pratiquement 10 ans, c’était en avril 1996, éclatait la crise de la vache folle. La plus grande psychose alimentaire qu'ait connu l'union européenne. Aujourd'hui, cette crise ne semble plus être qu'un lointain cauchemard pour les éleveurs de bovins tant français qu'anglais. Mieux, on pourrait de nouveau manger sans problème de la viande de bœuf anglaise en France. A quand l'entrecôte écossaise dans nos assiettes ? Nous devrions être fixés assez rapidement - durant la deuxième semaine du mois de mars - puisque c'est à cette date que les experts vétérinaires de l'union européenne diront si oui ou non les mesures prises depuis 96 par les britanniques dans la lutte contre la maladie de la vache folle permettent de lever les dernières restrictions quant à l'exportation de leur viande de boeuf et surtout des animaux de plus de 30 mois. En fait, en 96, au plus fort de la crise, il y avait eu embargo. C'est-à-dire blocage total des exportations de boeuf britannique. En 98, il y avait eu une réouverture du marché, mais avec des contraintes énormes. Et pour Rémy Fourrier, le porte-parole en France des éleveurs britanniques, ces mêmes éleveurs n'attendent qu'une chose : pouvoir commercer comme leurs homologues de l'union européenne (interview). On comprend bien que les anglais soient pressés de faire remarcher le petit commerce mais les éleveurs français, qui ont beaucoup souffert de la vache folle, qu'en pensent-ils ? Pas plus tard qu'hier, des représentants des éleveurs français rencontraient à Londres leurs homologues britanniques et visiblement, ils ne semblent pas opposés à ce retour. Denis Sibille est éleveur et président de l'association interprofessionnelle du bétail et de la viande (interview). Si l'on regarde des chiffres de consommation en Grande-Bretagne, on s'aperçoit que les ventes de viande de boeuf là-bas sont supérieures de 10% à ce qu’elles étaient avant la crise de 96. Les éleveurs français ne sont pourtant pas subitement tombés amoureux de leurs camarades anglais. Le secret c'est qu'éleveurs français et anglais ont un ennemi commun (son). Quand allons-nous concrètement trouver de la viande anglaise dans nos assiettes ? Même si l'Europe donne un avis favorable en mars, il faudra que le système se remette en route, d'autant qu'il n'y a que trois abattoirs en Grande-Bretagne qui, malgré les contraintes, ont continué d'exporter. D'ici l'été, on pourrait en revoir dans les magasins mais bizarrement si des contacts commerciaux ont été pris par les britanniques avec des enseignes notamment de la grande distribution, et bien côté français, on ne se précipite pas pour dire que l'on vendra de la viande anglaise. Peut-être parce que l'image des britannique en matière de viande n'est pas exceptionnelle. Et c'est peut-être ce qui explique que la viande anglaise sera vendue sous la marque « Boeuf Saint-Georges ». En tout cas, pour les anglais, il y a un vide à combler. En Europe, on manque de viande de boeuf au point que l'on en importe par exemple du Brésil et cela donne des ailes aux producteurs (interview). On est loin de la grande psychose de 96 et d'ailleurs, à ce propos, il faut le rappeler, à l'heure actuelle, il n'est toujours pas scientifiquement demontré que l'on peut mourir en mangeant de la viande provenant d'un animal atteint de la maladie de la vache folle. Un dossier de Philippe Lefebvre.

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