Hier, des salariés de Burberry, le fabricant de vêtements de luxe très British, ont manifesté quasiment simultanément à Paris, à Strasbourg, à New York, à Las Végas et à Londres. Ils protestaient contre la délocalisation en Chine de l’usine de Treorchy au pays de Galles. Au lendemain de ces manifestations, où en sont les choses à Treorchy? On pourrait tout résumer dans un contraste. Contraste entre des drames humains et des raisonnements comptables implacables. Ecoutez tout d’abord Yoan Young, qui a toujours travaillé à Burberry (interview). Et Ecoutez maintenant Michaël Mahony, qui représente lui la direction de l’usine de Treorchy (interview). Voilà, deux approches qui ne pourront jamais se rejoindre ! Alors il y a bien eu un espoir en fin d’année dernière, lorsque les dirigeants de Burberry ont été sommés de s’expliquer devant la chambre des communes. On s’est aussi dit que le Prince Charles ou l’Eglise d’Angleterre, qui est actionnaire de Burberry, allaient faire quelque chose. Mais le Prince Charles a simplement demandé à sa fondation d’épauler les salariés dans leurs démarches. Et Neville White, qui représente les intérêts de l’église d’Angleterre, ne dit finalement pas autre chose (interview). On avait aussi évoqué un possible soutien de la Reine d’Angleterre. Espéré sans doute, mais la rumeur était infondée. Le résultat c’est qu’on cherche maintenant à sauver quelques emplois. Leigthon Andrews, qui est membre de l’assemblée de la vallée où se trouve l’usine, réfléchit justement à d’autres solutions (interview). Et si on élargit le problème. La Grande-Bretagne perd ses industries, même le luxe est frappé par les délocalisations. Est-ce pour autant un signe inquiétant pour l’économie ? Eh bien, on revient au contraste du départ. C’est humainement dur. Mais si on prend de la distance, Frédéric Robert Nicoud, qui est économiste à la London School of economy, estime que ce n’est pas un symptôme alarmant (interview). Et on revient à notre postulat de base, d’un côté des situations humaines, et de l’autre des analyses chiffrées. Maintenant vous l’avez compris, plus grand monde ne se fait d’illusion ici ! Un dossier signé Jacques Monin en direct de Londres en Grande-Bretagne.

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