Sommet social essentiellement consacré aux retraites aujourd'hui à l'Elysée. Une réforme devrait voir le jour d'ici l'été. Selon le gouvernement, il faudra sans doute repousser l'âge légal de départ et rallonger la durée de cotisation. Cette perspective commence à faire son chemin dans l'opinion, mais de l’ouvrier au cadre, elle n'est pas toujours vécue de la même façon. Il y a d’abord ceux à qui ça ne fait pas peur. Imaginez que vous êtes en forme, que vous aimez votre métier, et que vos conditions de travail ont tout pour plaire. Et bien vous ne rêverez pas forcément de partir en retraite. C'est le cas de Bruno et de Marie-Claude. Tous les deux sont cadres sup. Ils ont 62 ans et pas l'intention de s'arrêter de sitôt (interview). Marie-Claude pourrait prendre sa retraite, elle a tous ses trimestres. Si elle travaille encore, c'est parce que c'est son choix. Un choix que n'aura pas Patricia. Patricia a 49 ans, elle est comptable et elle sera sans doute obligée de travailler bien au delà de 60 ans (interview). La productivité, le stress, ça use... Que disent ceux qui travaillent en plein air, de nuit, ou qui manipulent des produits dangereux ? C'est ce qu'on appelle les métiers pénibles. La réforme des retraites devrait permettre à ces salariés de partir plus tôt. La pénibilité joue en effet sur l'espérance de vie. Un ouvrier vit en moyenne 5 ans de moins qu'un cadre. Mohammed travaille dans le bâtiment. Il a 60 ans, et pas de retraite à taux plein avant 2012. Dans son métier, dit-il, on ne devrait pas travailler au delà de 58 ans (interview). Mais finalement, les entreprises ont-elles vraiment envie d'avoir des employés sexagénaires ? On peut en douter quand on voit la difficulté des plus de 50 ans à se faire embaucher. Thierry est cadre, il a 55 ans, chômeur depuis un an et demi (interview). Dans cette réforme des retraites, l'emploi des seniors est central. Comment faire pour que les salariés travaillent plus longtemps quand les entreprises n'en veulent plus après 55 ans ? C'est tout le probleme... Le grand défi, aujourd'hui, c'est donc avant toute chose, de relever le taux d'activité des plus de 55 ans. _____Un reportage de Véronique Julia.

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