Depuis deux semaines, la France suit d’autres pays européens, comme l’Irlande ou l’Italie. Fumer est totalement interdit dans les lieux publics. Après les entreprises, l’interdiction concerne aussi aujourd’hui les hôtels, discothèques, bars ou restaurants. Comment cette nouvelle législation a-t-elle été appréhendée dans ces lieux dits « de convivialité » ? C'est un spectacle auquel vous avez sûrement assisté depuis le début de l'année à proximité de bar, café ou restaurant : d'incessantes allées et venues entre la salle et le trottoir, preuve que la loi anti-tabac est globalement bien respectée. Le constat est unanime. Oubliés donc les cendriers sur les tables et les volutes de fumée depuis longtemps associés au bistrot, ce qui, forcément, a changé les habitudes de Benoît (interview). Ce qui est bien également pour Eric, c'est que ces sorties clopes imposées sont devenues l'occasion - pourquoi pas - de draguer plus facilement (interview). Un point noir toutefois, corrélatif à cette affluence nouvelle : le nombre croissant de mégots sur la voie publique, même si cela n'inquiète pas, encore, Peggy Buhagiar, chef de projet au bureau des temps à la ville de Paris (interview). Depuis hier, la ville a lancé une campagne de sensibilisation à ce sujet, avec notamment la distribution de 10 000 cendriers de poche dans 50 cafés, comme au café Charbon dans le 11ème arrondissement de Paris, où Elise, l'une des serveuses, a constaté une légère baisse de fréquentation sur ces 15 premiers jours de l'année (interview). Pour les bars à chichas, la situation est encore plus compliquée. Pas question de fermer ni de changer d'activité, pour Omar, gérant d'un établissement situé à deux pas de la place Clichy, même si, selon lui, son chiffre d'affaire a fondu de moitié depuis le 1er janvier (interview). Un reportage à Paris de Nour Eddine Zidane.

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