Y aura-t-il un aéroport à Notre-Dame-des-Landes ? Quelque soit la décision que prendra le gouvernement, les occupants de la ZAD se verraient bien rester sur place.

Les occupants de la ZAD ont mené à bien plusieurs projets d'élevage et de maraîchage.
Les occupants de la ZAD ont mené à bien plusieurs projets d'élevage et de maraîchage. © Radio France / Sandy Dauphin

Va-t-on construire des pistes d’atterrissage à Notre-Dame-des-Landes ? Va-t-on agrandir l'aéroport de Nantes-Atlantique ? Ou va-t-on ne rien faire ? Le Premier ministre, Edouard Philippe, promet une décision d'ici à la fin du mois de janvier 2018, et il s'est même rendu dans trois communes concernées ce samedi. Une quatrième question va alors se poser : que faire de la ZAD ? Ses occupants n'ont pas du tout l'intention de partir.

Entre 150 et 350 personnes vivent dans ce bocage de 1 650 hectares, une "zone d’aménagement différé" rebaptisée "zone à défendre" (ZAD). Des zadistes qui ont établi sur place des élevages, des conserveries, une menuiserie, un atelier de mécanique ou encore des boulangeries : "Il y a un groupe sur la zone qui cultive plusieurs hectares de blé et de sarrasin, explique le meunier. La farine qui est produite ici sert à alimenter les boulangeries de la zone ou à ravitailler des luttes ailleurs en France." 

"Ils n'ont toujours pas réussi à détruire tout ça pour construire leur foutu aéroport", raconte la vidéo ci-dessous, tournée sur la ZAD et diffusée sur une chaîne affiliée aux anti-aéroport.

"Une résistance large et populaire"

La population de la ZAD est hétéroclite : il y a les agriculteurs historiques, des néo-ruraux et des anti-système purs et durs. Des occupants prêts à résister en cas de tentative d'évacuation : "On a toujours assumé que si demain la police et les tractopelles revenaient, il y aurait des milliers de personnes pour les en empêcher, explique un occupant. Selon lui, il s'agit d'une "résistance large et populaire" : "On n'est pas dans le cas d'une avant-garde combattante qui attendrait dans des garnisons cachées dans la ZAD."

Les zadistes ont déjà démontré leur force de frappe : en 2012, les autorités lancent l'opération "César", plus d'un millier de policiers et gendarmes interviennent sur le site. Après plusieurs semaines d'affrontements, c'est un échec et les expulsions sont suspendues.

Comme sur le plateau du Larzac ?

Pour prouver qu'il est possible de rester sur place, les opposants à Notre-Dame-des-Landes rappellent ce qui s'est fait sur le plateau du Larzac. "La société civile des terres du Larzac a passé un bail emphytéotique avec l'État et c'est elle qui gère l'ensemble : les locations et l'entretien des maisons, la location des terrains agricoles et la succession des exploitations agricoles", explique Julien Durand, de l'Acipa, l'association anti-aéroport historique.

Les occupants de la ZAD se verraient bien rester sur place, comme jadis les militants qui avaient investi le plateau du Larzac.
Les occupants de la ZAD se verraient bien rester sur place, comme jadis les militants qui avaient investi le plateau du Larzac. © Radio France / Sandy Dauphin

Cette solution est soutenue par le député européen José Bové et par le député LREM Matthieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot. En revanche, elle fait bondir les élus qui défendent le projet d'aéroport. Pour la présidente LR du Conseil régional des Pays-de-la-Loire, Christelle Morançais, quelque soit la décision prise par l'État, il faut évacuer la ZAD : "Ce ne sont pas les minorités qui font la loi dans notre pays. Ils occupent une zone illégalement et donc, aujourd'hui, il faut évacuer cette zone."

Face au risque d'évacuation, l'Acipa joue la carte de l'apaisement : elle essaye de convaincre les zadistes d'au moins rouvrir la départementale 281, jonchée d'obstacles en tout genre, et qui est devenue l'un des symboles de l'occupation de la zone.

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