Les Bleus ont accusé l'herbe sèche et trop haute, la chaleur pour justifier leur contre performance de mardi. Et s'il y avait eu des buts, nul doute qu'il en aura bien eu un ou 2 pour rejeter la responsabilité sur le ballon ! Le ballon oui, parce qu'il est nouveau, plus rond, plus rapide. Il a fallu 3 ans pour le mettre au point. Au-delà des enjeux financiers, géopolitiques, philosophiques, au-delà de la grande fête populaire et tout le toutim, la coupe du monde c'est aussi un zeste de science physique. Première étape : c'est fait comment un ballon ? En couches successives. Une vessie en latex d'abord, qu'on recouvre d'une mousse compacte pour plus de souplesse au toucher du pied ou de la tête et enfin les panneaux. Et là nouveauté : le temps des 32 hexagones et pentagones noirs et blancs est révolu. Alain Michel travaille chez Adidas qui conçoit l'objet roi depuis 30 ans (interview). Deuxième étape : Qui décide des changements imposés à chaque coupe du monde ? Le fabricant n'a guère de marge de manoeuvre, contrairement à ce qu'on pourrait penser. C'est la FIFA le donneur d'ordre avec 7 critères décisifs : la circonférence 69 cm, la sphéricité au millimètre près, le poids 441 grammes avec une variation au cours du match qui ne doit pas excéder 10%, le rebond, la perte de pression, le maintien de forme et de taille et l'absorption d'eau. C'est à cause de sa perméabilité à l'eau que le ballon en cuir a été abandonné, de même que les coutures. A la fin du match, si la pelouse est mouillé, le ballon est plus lourd et bien maintenant, terminé ! Place au mélange synthétique imperméable et au thermocollage, une espèce de soudure à chaud des 14 morceaux. Le tout est breveté, bien évidemment. Le problème, c'est que ce ballon, certains lui trouvent plus de défauts que de qualités, en tout cas pour les trajectoires. La trajectoire, c'est le troisième point. Barthez ralait vendredi dernier. Ballon indomptable, dessiné pour tromper les gardiens, faire du spectacle. Et l'entraineur, Raymond Domenech, il en pense quoi ? (interview). Il a l'air perdu ou du moins dépité. A-t-il raison ou tort ? La réponse d'un physicien de l'université Pierre et Marie Curie : Jean-Michel Courty (interview). Les joueurs qui se plaignent auraient donc raison ? Pour Edouard Kierlick, un autre physicien, c'est bien le coup de pied du joueur qui fait la différence ? (interview). Quand on maîtrise la balle à ce niveau là, on doit pouvoir s'adapter. Sachez que ce ballon évoluera encore. Pour ce mondial, la puce électronique placée à l'intérieur qui signale à l'arbitre si la balle a franchi les buts ou si elle est sortie en touche n'a pas été acceptée par la FIFA. Alors que les joueurs sont censés garder le même ballon pendant toute la partie, 2880 exemplaires sont prévus pour le mondial. Il devrait s'en vendre 15 millions cette année. Des vrais à 110 euros et des répliques, autant dire des ersatz cousus à l'ancienne entre 15 et 50 euros. Un dossier de Sophie Bécherel.

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