Un reportage signé Géraldine Hallot, envoyée spéciale à Athènes, en Grèce La Grèce, un pays qui s’apprête à subir sa deuxième cure d’austérité en deux ans sous la pression du FMI et de l’Union européenne. Le gouvernement socialiste de Georges Papandréou va devoir encore tailler dans les dépenses publiques, augmenter les impôts et privatiser une trentaine d’entreprises. Ce nouveau plan d’austérité est examiné à partir d’aujourd’hui au Parlement et en signe de protestation, les syndicats appellent à la grève générale. Pour mesurer le rejet que suscite cette deuxième cure d’austérité, il faut se rendre sur la place Syntagma, devant le parlement grec. Ici, depuis trois semaines, des centaines d’indignés campent sur le bitume. Leurs banderoles virulentes accusent le FMI, l’Europe, les banques, les partis politiques. La place Syntagma est l’une des plus belles places d’Athènes ; c’est désormais un concentré de colère et d’amertume. Dyonisis Slamaris est employé dans le secteur des assurances. Interview de Dyonisis Slamaris Un peu dépassés par ce mouvement spontané des indignés, les syndicats tentent de reprendre la main en organisant une grande manifestation, ce matin, à 11 heures. Stathis Anestis est l’un des responsables de la centrale syndicale GSE. Interview de Stathis Anestis - Le spectre de Margeret Tatcher plane sur la Grèce, mais on se demande comment la Grèce a pu arriver à un tel niveau d’endettement. La dette grecque est effectivement astronomique : 340 milliards d’euros, ce qui représente 150% du Produit intérieur brut. Evidemment, la crise que connaît le pays depuis 2008 explique en grande partie cet endettement record, mais pas seulement. La fraude fiscale est en Grèce un véritable sport national. Des milliers de Grecs se soustraient à l’impôt et cela fait autant de recettes en moins. Exemple avec ce jeune homme de 32 ans qui souhaite rester anonyme. Interview d'un jeune Grec Autre caractéristique locale : la multiplication des crédits. Pendant des années, les ménages grecs se sont endettés en vivant au-dessus de leurs moyens. Vassilia est un avocat à la retraite. Interview de Vassilia - Est-ce forcément le pessimisme qui prévaut en Grèce ? Non, il y a des gens qui veulent croire qu’en se réformant et en faisant appel à la solidarité européenne, l’Etat grec pourra s’en sortir. Yannis Varoufakis est professeur d’économie à l’Université d’Athènes. Interview de Yannis Varoufakis

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