Le lancement de ce GPS européen censé concurrencer le GPS américain, est maintenant prévu pour 2011. Mais les industriels impliqués dans ce projet de grande envergure rechignent à honorer leurs engagements. Du coup, Bruxelles se fache et le commissaire aux transports, Jacques Barrot, présentera demain des solutions. Galiléo, c'est une constellation de 30 satellites décidée par l'Europe à la fin des années 90. Les 15 d'alors souhaitaient mettre fin à l'hégémonie américaine. Ils choisissent de se doter d'un système civil controlé par les civils. Aux Etats-Unis, le système est contrôlé par les militaires et peut donc à tout moment être coupé ou brouillé. Ailleurs, la Russie et la Chine ont aussi choisi un financement sur fonds publics de leur système. L'Europe est donc la seule à privilégier un partenariat public/privé. La répartition initiale était la suivante : 1/3 financé par l'agence spatiale européenne et la commission européenne avec notamment le développement des 4 premiers satellites de satellites. 2/3 financés par le privé, un groupe de 8 industriels qui prennent en charge 26 autres satellites. Sauf qu'à l'heure de sortir le chéquier, le consortium privé rechigne. D'où des retards pour le programme, explique Dominique Detain, chargé de la communication du programme Galiléo à l'ESA, l'agence spatiale européenne (interview). Si les industriels ne passent pas la commande, qui peut les remplacer ? La puissance publique, tout simplement. Jacques Barrot, le commissaire européen des transports annoncera demain plusieurs scénarios. Sa préférence va à une reprise en main à 100% du projet, selon son porte parole, Michele Cercone (interview). Pour le contribuable, le coût supplémentaire sera de 2 milliards et demi d'euros. Qui s'ajouteraient à la somme déjà dépensée : 1 milliard. La question qu'on se pose, c'est pourquoi en est-on arrivé là ? Puisque, vous nous l'avez expliqué, partout ailleurs dans le monde, ce genre de grands projets est entièrement pris en charge par les états. A posteriori, c'est assez facile d'analyser l'erreur de ce montage financier. Il faut se souvenir qu'à l'époque où Galiléo a été décidé, le marché des satellites était en grande forme. Galileo sera pour 4 des 5 niveaux de service qu'il proposera, payant. Ecoutez l'analyse d'Isabelle Sourbès Verger, chercheuse au CNRS, directrice adjointe du laboratoire communication et politique (interview). La difficulté du consortium à se mettre en place vient aussi des interférences politiques. Au sein de la commission, il a fallu répartir les responsabilités. Et la bataille pour savoir qui récupérera le siège de Galiléo, le centre de contrôle, les marchés de fabrication, continue de faire rage. L'avenir de Galiléo n'est pas pour autant compromis. L'Europe joue sa crédibilité vis à vis de l'Inde, de l'Ukraine ou d'Israël à qui elle s'est associée. Ensuite le marché des applications futures reste prometteur. Au point que certains pensent que nous serons tous, un jour, équipé d'un GPS ou d'un Galileo. Ne serait-ce que pour l'automobile, les ventes explosent. 10 millions de systèmes vendus dans le monde. Benoit Simeray est l'un des directeurs commerciaux de la société TOM TOM et il affirme que cet outil utile saura se montrer indispensable (interview). Un dossier de Sophie Bécherel.

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