A la veille des Jeux Olympiques de Pékin, France Inter et le journal La Croix vous proposent une série de reportages sur les Chinois de France. Ce matin, direction Belleville, un quartier de Paris qui compte des dizaines de milliers de chinois installés là depuis les années 70. Première chose, la communauté est soudée dans l'épreuve. Cette année, c'est l'année du rat. Un signe de prospérité pour les chinois. Et le tremblement de terre là-bas est venu casser l'illusion. Vous n'imaginez pas la tristesse et l'émotion qui touche les familles concernées par le séisme au Se-Tchouan. Au restaurant le Cheng Du, chef lieu de la province sinistrée, 16 Boulevard de Strasbourg, on collecte les dons en liquide pour les familles des victimes. Madame Diu Juan est la présidente de l'association des chinois du Se-Tchouan. Elle a perdu toute sa famille dans le tremblement de terre. Sur la table de son restaurant, elle compte les billets de banque chinois, des billets de mille yuans, la monnaie chinoise (interview). On est dans une rue commerçante typique avec ces échoppes où l'on vend du porc au caramel et du poulet au curry. A chaque coin de rue, on trouve tous les titres de la presse asiatique avec des milliers de petites annonces en mandarin placardées sur les devantures du boulevard de la Villette. Il y a de nombreux sans-papiers dans ce quartier où l'on parle très peu le français. Liu Zhang est traducteur dans la rue Sainte-Marthe. Il est l'écrivain public, celui qui remplit toutes les démarches administratives (interview). Souvent, les plus vieux ne savent ni parler ni écrire le français, même après dix à quinze années de présence en France. Dans l'association « Chinois de France, Français de Chine », une centaine de Chinois apprennent le français. Donatien Schramm, qui la préside, regrette l'ethnocentrisme de ses concitoyens qui a accentué l'isolement et exagéré les clichés (interview). Grâce à d'autres associations comme « France Asie », on peut apprendre le français gratuitement avec des volontaires français. Et Grâce à cela, les différentes communautés finissent par se croiser. La nouvelle génération de francochinois nés en France, celle qui réussit à l'université, se déclare à l'aise dans la société française à l'image de Si Si, jeune vendeuse dans un magasin de chaussures de mode à Belleville (interview). Pour Si Si, son vrai pays, c'est la France, la Chine, c'est juste pour les vacances. Un reportage de Florent Bouteiller.

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