La soirée a été chaude au quartier latin. Comme en mai 68, les forces de l'ordre ont affronté 2 à 3000 étudiants durant plusieures heures Boulevard Saint-Michel. Les manifestants, opposés au Contrat Premier Embauche, voulaient reprendre la Sorbonne, ce haut lieu de la contestation estudiantine, qui revivait ainsi ses plus grandes heures. Archive sonore, mai 68, ses slogans... Hier soir, Boulevard Saint-Germain... Presque 40 ans après, voilà quasiment les mêmes revendications qui résonnent au coeur du quartier latin. Et Timothé, étudiant en sciences sociales, revendique la filiation (son). Anne, elle, se sent revivre (son). La Sorbonne, c'est forcément là qu'il faut manifester si l'on en croit Yann, étudiant en histoire à Jussieu rencontré hier par Alexis de la Fontaine (son). Certes, il n'y avait pas de barricades hier soir comme en 68, mais l'ambiance était tendue. Les affrontements entre CRS et policiers ont été violents hier soir : gaz lacrymogènes contre fameux pavés du quartien latin. Résultat : 9 blessés parmi les forces de l'ordre, dont un commissaire atteint au visage par une pierre. Mais comme en 68, les étudiants ont aussi fait preuve d'imagination pour inventer de nouveaux slogans. "Chirac, Villepin, Sarkozy, votre période d'essai est finie." Tout le monde n'est pas d'accord et le quartier latin redevient lieu de débat. Et puis, en mai 68, le mouvement d'extrême droite Occident s'en prenait aux manifestants. Hier soir, des étudiants se disant nationalistes ont fait de même. Alors bien-sûr, 1968/2006, comparaison n'est pas raison. Pour le cinéaste et photographe Raymond Depardon, le quartier latin qu'il aime tant, ce quartier des universités, est forcément un terrain fertile à la contestation adolescente (son). Un dossier de Stéphane Fort.

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