Aujourd’hui 15 mars marque le jour anniversaire du début du soulèvement en Syrie. Nous avons choisi de retourner dans deux lieux emblématiques de ce que fut le début de la révolution syrienne. Notre envoyée spéciale Valérie Crova s’est rendue à Deraa à 120 km au sud de Damas, là où tout a commencé.

C’est dans cette ville qu’ont eu lieu les premières manifestations en mars 2011 après que des enfants ont été arrêtés par les services de sécurité.

Cinq ans plus tard, tout parait normal dans le centre de Deraa mis à part les barrages de l’armée syrienne qui bloquent l’accès à certaines rues. Plusieurs quartiers périphériques sont encore sous le contrôle de rebelles armés. Trois militaires m’accompagnent ainsi qu’un officier des renseignements qui note toutes les réponses des personnes que je tente d’interroger. Difficile de communiquer dans ces conditions.

Dans une petite ruelle, à l’écart, nous rencontrons un homme dont la parole est plus libre que les autres habitants de Deraa.

Il y a d'autres régions qui ont rejoint le mouvement de libération. Les enfants ici ont été touchés par ce qui se passait ailleurs, en Tunisie et dans d'autres pays...

La population de Deraa s’attendait à ce que Bachar el Assad vienne présenter des excuses. Mais le président est resté à Damas. Et les manifestations ont commencé. On ne nous permettra pas d’aller voir les bâtiments gouvernementaux comme le siège du parti Baas qui avait été incendié par les manifestants.

Direction Homs , troisième ville de Syrie. Homs longtemps appelé la capitale de la révolution. La ville est aujourd’hui totalement sous contrôle de l’armée loyaliste.

Il faut dire que durant près de 3 ans, les bombardements incessants de l’artillerie syrienne ont eu raison des rebelles qui étaient retranchés dans la vieille ville de Homs détruite pratiquement à 100%.

Autre quartier emblématique des débuts de la Révolution : Bab Amer , au sud de Homs. Tout est resté en l’état depuis que les combattants de l’armée syrienne libre ont quitté le quartier en mars 2012. Immeubles éventrés, devantures de magasins noircies, arbres calcinés. Au plus fort des combats il tombait jusqu’à 4 roquettes par minute. Sept cents familles toutes pro-Bachar sont revenues s’installer sur les 28 000 habitants que comptaient Bab Amer avant guerre.

A quelques rues de l’avenue principale, des cris d’enfants résonnent. Une école a rouvert. Dans la salle des professeurs, une institutrice attend la reprise des cours. Elle nous livre sa lecture des évenements. Une lecture qui ressemble beaucoup à la version officielle que les autorités ne cessent de répéter depuis le début des événements.

Des gens de l'extérieur se sont inflitrés pour détruire ce pays. On vivait en liberté...

Ecole a Bab Amr
Ecole a Bab Amr © Radio France / Valérie Crova

Comment revivre ensemble après un conflit qui a fait 270 000 morts ? Quand les millions de réfugiés syriens pourront-ils retourner chez eux alors que les destructions sont colossales dans les grandes villes comme Homs et Alep ? A ces questions, personne ne peut encore apporter de réponses.

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