Ce dimanche, 109 millions de Russes sont appelés aux urnes pour élire le président de la Fédération. L’issue du scrutin, avec la victoire annoncée de Vladimir Poutine, ne fait guère de doute. Pour autant, dans les zones rurales les plus éloignées, l’indifférence face à la classe politique semble gagner du terrain.

Pourniema, ce sont 900 habitants isolés à 1 000 km au nord de Moscou. Des électeurs qui, peut-être, n'iront pas voter.
Pourniema, ce sont 900 habitants isolés à 1 000 km au nord de Moscou. Des électeurs qui, peut-être, n'iront pas voter. © Radio France / Claude Bruillot

Dans la région arctique de Russie, à 1 000 kilomètres environ au nord de Moscou, beaucoup d’habitants se sentent abandonnés par le pouvoir. Ils n’attendent d'ailleurs rien du scrutin présidentiel de dimanche. Un scrutin qui, d'ores et déjà, semble acquis au maître du Kremlin, Vladimir Poutine.

La route que nous empruntons pour traverser le Parc national de Kenozero, au nord-ouest d’Arkangelsk, servira toute cette fin de semaine à collecter les urnes des villages environnants. Les temps de trajet sont tellement importants que le vote pour la présidentielle a souvent lieu ici avec quarante-huit heures d’avance.

L'isolement, toujours plus grand

Dimitri est l’instituteur de Pourniema, un village de pêcheurs de 900 habitants, à cinq heures de route d’Arkangelsk. Cette année , il enseigne à 17 élèves, âgés de 7 à 15 ans. Par conviction. Et sans se soucier aucunement de savoir ce que le nouveau mandat présidentiel annoncé de Vladimir Poutine, avec ses relais régionaux, lui réserve.

Pour accéder à Yamça, dans la région arctique de la Mer blanche, un seul mode de transport : le scooter des neiges.
Pour accéder à Yamça, dans la région arctique de la Mer blanche, un seul mode de transport : le scooter des neiges. © Radio France / Claude Bruillot

Plus loin, dans un village accessible seulement en scooter des neiges, une affiche placardée sur la porte de l’épicerie indique aux habitants que le scrutin présidentiel aura lieu ce vendredi 16 mars de 11h à 15h. Nous sommes à Yamça, 98 habitants. Parmi eux, Viktoria, 28 ans, originaire de la ville de Mourmansk, plus à l’ouest. Elle a suivi son mari, revenu s’installer dans son village natal il y a trois ans. Viktoria se bat pour que Yamça sorte de son isolement.

Dans les années 1980, Yamça, comme les autres villages de la Mer blanche, étaient desservis par avion une fois par jour. Dans les années 2000, c'était un vol par semaine. Depuis trois ans, il n'y a plus aucune liaison aérienne. 

35 millions de non urbains

Alors à Yamça, Viktoria gère le foyer culturel local et organise des animations les week-ends. Pour elle, il faut prendre son destin en main et, surtout, ne rien attendre de scrutin présidentiel. 

D’après les statistiques officielles, 1 Russe sur 4 vit dans les campagnes, souvent dans des conditions difficiles. Ce qui correspond tout de même à 35 millions d’habitants ! 

25% des Russes vivent dans des régions rurales ou isolées.
25% des Russes vivent dans des régions rurales ou isolées. © Radio France / Claude Bruillot

Alors évidemment, tous ne vont pas s’abstenir de voter dimanche. Mais ils sont de plus en plus nombreux à manifester, sinon du mécontentement vis-à-vis de la classe politique russe, du moins de l’indifférence.

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