C’est l’un des grands chantiers du gouvernement : favoriser le contrat par alternance, passer le cap des 500 000 apprentis. Pour encourager les employeurs qui embaucheront d’ici un an, 546 millions d’euros ont été débloqués. Mais dans la pratique, le système a du mal à se mettre en place. Exemple à Montpellier, la ville étudiante par excellence. 1 habitant sur 4 est un étudiant. Mais c’est aussi une ville avec l’un des taux de chômage les plus élevés de France. Il frôle les 13% de la population active. 25% chez les jeunes. Ceux qui finissent par estimer que la fac n’est pas le meilleur endroit pour se préparer à un métier se tournent vers l’alternance. Dans l’une des nombreuses écoles privées qui forment les jeunes à l’alternance, les locaux sont flambant neufs. Des affiches collées sur tous les murs nous rappellent que l’alternance, c’est l’avenir. Au milieu dans la cour, 300 étudiants acceptés dans cette école privée : Esca. Ca discute, boit des cafés, fume des cigarettes, s’interroge. Car sur les 300, seuls 70 ont trouvé une entreprise. 70 à être assurés d’effectuer la rentrée scolaire prévue ce lundi. Pour les autres, c’est simplement, difficile. Solenne a 22 ans (interview). Après avoir envoyé 300 cv et lettres de motivation laissées sans réponse, Solenne n’y croit plus (interview). La grande majorité des candidats à l’alternance ont le même profil. Un passage à la fac sans réussite. C’est le cas de Khalid, 23 ans, 2 années blanches à l’université. En se tournant vers l’alternance, il pensait avoir trouvé la solution. Il a rapidement déchanté. Son moral en a pris un coup (interview). Cette course contre la montre pour trouver une entreprise a fait naître une forme de solidarité chez ces étudiants. Fabrice est à la recherche d’une entreprise depuis 6 mois (interview). Comment expliquer qu’autant de jeunes intéressés par l’alternance ne trouvent pas d’entreprise ? Plusieurs hypothèses. D’abord, pour le directeur de l’école, Lionel Cristol, il y a trop de demandes. Il a refusé une centaine de candidatures, mais il y a aussi les effets de la crise (interview). La crise donc mais pas seulement car pour certains chefs d’entreprise, un jeune en alternance, c’est un pari mais aussi un risque. Olivier tient une agence immobilière dans le centre ville de Montpellier. L’an dernier, il embauche un apprenti. Une mauvaise expérience, qu’il ne tient plus à renouveler. Alors quand Khalid, entendu tout à l’heure, est venu le voir… (interview) Quel avenir pour Khalid, Fabrice et Solenne ? Nos 3 étudiants ont jusqu'à demain, vendredi, pour trouver une entreprise. Pour le moment, seul Khalid a obtenu un entretien. Il est donc dans l’attente d’une réponse. Quand aux deux autres demain, ils passeront certainement leur dernier jour au sein de l’école. _____Un reportage de Saïd Makhloufi, en direct de France Bleu Hérault à Montpellier.

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