Aux dernières nouvelles Wassim Maya Lotus et Mohamed sont arrivés en Suède où ils ont fait une demande d'asile
Aux dernières nouvelles Wassim Maya Lotus et Mohamed sont arrivés en Suède où ils ont fait une demande d'asile © Radio France / Omar Ouahmane

Quatrième et dernier volet de notre série de reportages exceptionnels sur le périple d'une famille de réfugiés syriens depuis le sud de la Turquie jusqu'en Europe. Omar Ouahmane, correspondant de France Inter au Liban, l’a suivie pendant douze jours à travers sept pays.

Après Athènes, direction la Macédoine. Nous sommes montés dans un bus en direction de la frontière macédonienne toujours en compagnie de ce couple d'ingénieurs de la ville d'Idlib Wassim et Maya et leurs deux enfants Lotus et Mohamed Taim, un voyage éprouvant de 500 kilomètres rendu agréable par la présence d'habitants de Kobané qui ont chanté des chants kurdes.

►►►Retrouvez les étapes précédentes du périple de Maya, Wassim, Lotus et Mohammed Taim ici (carte interactive)

Nous prenons ensuite un train de nuit jusqu'à la frontière avec la Serbie. Le train est d’un autre âge. Il est bondé. Plusieurs milliers de réfugiés ont pris place dans ce train qui s'est arrêté à cinq kilomètres de la frontière avec la Serbie.

Un train s’annonce, c’est la panique

Nous avons ensuite continué à pied. Il est 4h du matin, il fait nuit noire, nous marchons sur la voie ferrée quand tout à coup nous avons évité le pire : un train déboule sur les rails.

Tout le monde s’écarte instinctivement dans la panique. Le drame a été évité de justesse, les réfugiés hagards poursuivent leur route toujours à pied avant d'être pris d'assaut par des chauffeurs de taxis clandestins serbes. Epuisés, les réfugiés, se jettent dans les voitures. Direction le camp de Preshevo où les migrants doivent se faire enregistrer avant de retirer leurs laissez-passer, c'est la cohue, l'attente est longue et les policiers serbes parfois violents. Après plus de 4 heures de queue, la famille de Lotus continue sa route en bus....

J'ai vu ce que les Hongrois font aux réfugiés. Ils les parquent dans des camps et les traitent comme des animaux. J’ai peur qu’ils fassent pareil avec nous

Tandis que nous approchons de la Hongrie, Wassim ne cache pas son inquiétude : "Ce que je sais, c’est que nous sommes en Hongrie…Mais ou exactement ? Je ne sais pas. J’ai vu ce que les Hongrois font aux réfugiés. Ils les parquent dans des camps et les traitent comme des animaux. J’ai peur qu’ils fassent pareil avec nous…"

C’est la première fois qu’on nous souhaite la bienvenue

Nous évitons finalement le mur Hongrois en passant par la Croatie, qui a ouvert un corridor pour laisser passer les milliers de réfugiés. Nous arrivons enfin en Autriche : c’est bien la première fois que l'on souhaite la bienvenue aux réfugiés depuis le début de ce périple. Ici en Autriche Maya se sent vraiment en Europe : "Je ne pense qu’à une seule chose : prendre une douche ! Mais je me sens en sécurité ici. Je peux aller ou je veux, faire ce que je veux sans que quelqu’un me demande mes papiers... Puis nous irons dans le pays que nous avons choisi."

Les enfants apprennent leurs premiers mots de suédois

Ce pays, c'est la Suède. La famille de Lotus la rejoindra en train, puis en ferry.

C’est à la gare de vienne que nous nous séparons. Aux dernières nouvelles Wassim Maya Lotus et Mohamed sont arrivés en Suède où ils ont fait une demande d'asile, les enfants ont même appris leurs premiers mots de suédois.

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