Alors que le Canada légalise la production, la distribution et l'usage du cannabis récréatif, la France reste le pays où l'on fume le plus, malgré une législation parmi les plus restrictives d'Europe. Et si leur consommation décroit, les jeunes sont toujours les plus gros fumeurs.

Un joint de cannabis
Un joint de cannabis © Radio France / Sébastien Sabiron

Le 17 octobre, le cannabis ne sera plus considéré comme un stupéfiant au Canada. Il sera possible de cultiver chez-soi, dans la limite de quatre plants. La vente sera réservée aux professionnels agréés, interdite aux mineurs et chaque provinces et territoires pourront adapter localement la législation. Après l'Uruguay en 2013, le Canada est le deuxième pays à franchir le pas, le premier au sein du G7.

En France, l'usage comme la vente relèvent du délit pénal

Selon l'Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies, 700 000 français disent fumer quotidiennement, sur un total de 5 millions d'usagers. 17 millions de personnes ont déjà essayé au moins une fois dans leur vie. Les jeunes de moins de 25 ans restent les premiers consommateurs 

Cigarette de résine de cannabis
Cigarette de résine de cannabis © Radio France / Sébastien Sabiron

Chez les jeunes de 17 ans, le tabagisme est en chute libre depuis plusieurs années. La consommation de cannabis baisse également, mais de manière moins franche. Au début des années 2000, un jeune de 17 ans sur deux disait fumer du cannabis. Aujourd'hui, ils ne sont plus que quatre sur dix. Selon Stanislas Spilka, responsable des enquêtes à l'OFDT, le cannabis garde une image plus "cool" que la cigarette auprès des jeunes.

Les adolescents ont très bien intégré les dangers du tabac. Malheureusement c'est beaucoup moins le cas pour le cannabis. 7,4% des jeunes de 17 ans sont dans un usage "problématique", comme le fait de fumer seul, de fumer le matin, d'avoir des problèmes de mémoire, de concentration ou de ne pas réussir à arrêter.

Et si la consommation décroit après 25 ans, les trentenaires et quadragénaires fument plus que la génération précédente, précisément puisque la consommation a explosé chez les jeunes à la fin des années 90. C'est le cas de Julien*, un père de famille de 35 ans. Chaque soir il fume un joint après avoir couché ses enfants. 

C'est un moment de détente, comme de boire un verre de vin. Cela me permet de couper avec le stress du travail et de me plonger plus facilement dans un film ou un bouquin. Je ne cherche pas la défonce et bien entendu je ne fume pas en présence de mes enfants. 

Passé 55 ans, en revanche, seules 2% des personnes interrogées se disent usagers d'herbe ou de résine. 

* Les prénoms ont été modifiés

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.