Il y a un an jour pour jour, la banque Lehman Brothers faisait faillite, à cause des produits toxiques et des subprimes. Un détonateur. Vous n'avez peut-être jamais mis vos économies chez Lehman Brothers, pourtant, sa chute nous a entraînés. Lehman brothers c'est (c'était) une banque qui plaçait l'argent d'autres banques, d'entreprises, d'Etats. C'était un des joyaux de Wall Street comme Goldman Sachs, Merryl Lynch et JP Morgan. Alors, au siège de Londres, ce matin du lundi 15 septembre 2008, on dit que les traders de Lehman, qui vient d'être mise en faillite, écoutent cette chanson de REM, “It's the end of the world”, "C'est la fin du monde, tel que nous le connaissons" (extrait). C'est bien ce que pensent tous les financiers de la planète : l'impensable vient de se produire. Il y a 6 mois, Bear Stearns, une autre grande banque, avait été sauvée. Eh bien Lehman ne le sera pas. Pourtant, Jacques qui travaille chez Lehman, comme tout le monde, est inquiet mais confiant (interview). Devant leur bière, une question : qu'est-ce qui s'est passé ? En fait, tout s'est joué pendant le week-end à Washington. L'homme aux commandes, c’est le secrétaire d'Etat au trésor, Henri Paulson. Il est seul, on est en pleine campagne électorale. Deux établissements gigantesques, Freddy et Fanny, viennent d'être secourus. Ce week-end là, Lehman, mais aussi Merryl Lynch, sont en train de couler. Philippe Dessertine est le directeur de l'institut de haute finance. Le dimanche 14 septembre, il est aux Etats-Unis (interview). Cette fois, l'Etat n'a pas apporté sa garantie financière. Et sans elle, aucune grande banque n'a voulu jouer le chevalier blanc. Lehman a été lâchée. A ce moment là, à Wall Street, le banquier d'affaires René-Pierre Azria, n'imagine pas que Paulson n'a peut-être pas vu l'ampleur des conséquences (interview). A New York, en bas du siège de Lehman, un artiste a installé un portait de son patron. Les salariés qui sortent avec leurs cartons écrivent autour du visage de Richard Fuld : "C'était de l'arrogance et de la cupidité", "Mes enfants ne te disent pas merci". Ailleurs, les clients s'affolent et ce n'est que le début de leurs ennuis. Néanmoins, Georges Ugeux, l'ancien vice-président de la bourse de New York, voit un côté positif à l'électrochoc (interview). Est-ce que ça veut dire qu'il y a une morale à l'histoire ? Depuis, Lehman a été vendu à prix cassé à Barclays et Nomura. Les grandes banques ont encore grossi. Il y aurait une morale si on pouvait penser quelles ont compris la leçon... A écouter le discours d'Obama, on en est loin. La régulation, c'est encore l'enjeu d'un G20, celui de Pittsburgh fin septembre. _____Un dossier signé Alexandra Bensaïd.

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