Plébiscitée par 56% des brésiliens lors de son élection, Dilma Rousseff est devenue en janvier dernier la première femme à assumer la présidence du géant sud américain. 195 millions d'habitants et une croissance lancée à vive allure.

Ce premier mandat politique de sa carrière, Dilma Rousseff le doit à son prédécesseur. L'influence de Lula a été considérable et en bonne héritière, par conviction aussi, Dilma Rousseff s'est fixée comme priorité de poursuivre les réformes sociales entamées en huit ans Lula est parvenu à réduire de moitié la pauvreté. La nouvelle présidente veut aller plus loin et terminer le travail.

Dilma Rousseff.

« Erradiquer la misère dans les années qui viennent... est un objectif que j'assume pleinement... mais pour lequel je demande humblement le soutien de tous... »

Sur cette voie d'un Brésil sans misère, les actions du gouvernement ont été concrètes, rapides. Le programme de Bourse Familiale, créé par Lula a également été élargi et tout cela n'a pas coûté beaucoup d'argent d'après l'économiste Marcelo Neri spécialiste en politique sociale.

Marcelo Neri.

« Ce programme de Bourse Familiale qui est en fait la principale plate forme de lutte contre la pauvreté au Brésil. ce programme ne coûte que 0,4% du PIB (des revenus du Brésil) et il touche près d'un quart de la population. C'est une action très efficace. Au début on craignait que Dilma soit en fait une sorte d'Hugo Chavez en jupe, mais je dirais qu'elle ressemble plus à une Margaret Thatcher avec un cœur, quelqu'un de pragmatique, une technocrate tournée vers les plus pauvres. »

Ce profil de gestionnaire est aussi mis à rude épreuve. Dilma Rousseff se retrouve confrontée à une équation délicate sur le plan économique. Maintenir un taux croissance estimé à 4,5%, tout en essayant de contenir une forte inflation évaluée sur les premiers mois à 6,5%. Là encore la présidente se veut ambitieuse.

Dilma Rousseff.

« Beaucoup de gens pensent que l'inflation ne se contrôle qu'en freinant la croissance. Je pense que l'on peut réduire l'inflation tout en accompagnant la croissance du pays. »

Le Fond Monétaire International a récemment alerté le Brésil sur les risques de surchauffe de son économie, le gouvernement a déjà procédé à de nombreuses coupes budgétaires. La réduction des dépenses publiques restant le moyen le plus sûr de réduire l'inflation, mais l'Etat brésilien continue aussi de financer l'économie locale en manque de compétitivité. Pedro Cavalcanti économiste à la Fondation Gétulio Vargas de Rio, considère que c'est une erreur.

Pedro Cavalcanti.

« Notre banque nationale de développement continue de recevoir des transferts d'argent du trésor, destinés à financer le secteur privé. Je pense qu'un Etat moderne doit être fort, soutenir la santé, l'éducation, mais je ne sais pas s'il doit tenir un rôle d'entrepreneur. Cette vision nationaliste de l'Etat qui dirige le développement du pays, c'est favorisé l'inefficacité de l'économie. »

Mais pour Dilma Rousseff, les signes de faiblesse les plus évidents sont apparus dans le jeu politique, depuis le mois de mars, la nouvelle présidente a dû faire face à une avalanche de scandales liés à la corruption. Deux ministres ont été contraints de démissionner dont le chef du gouvernement Antonio Palocci, le système multipartite brésilien encourage ce type de pratiques, si la coalition au pouvoir n'est pas répartie équitablement dans le gouvernement, la corruption est inévitable. D'après le politologue Carlos Perreira, Dilma Rousseff est la 1ère responsable de la crise que traverse son gouvernement.

Carlos Perreira

C'est comme si un père ne privilégiait qu'un seul de ses enfants, réservant tous les bénéfices au premier et laissant les miettes aux autres. Ces derniers sont tenter de chercher leur récompense de façon illégale et à mon avis c'est le problème que connait actuellement le gouvernement Dilma. Il est confronté à une mauvaise gestion de sa propre coalition. »

Le manque d'expérience politique de Dilma Rousseff l'a conduite droit dans un piège. Sa côte de popularité est en baisse mais reste très favorable. 67% des brésiliens se disent aujourd'hui satisfaits par le travail de leur nouvelle présidente.

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