Indignés espagnols Puerta del Sol Madrid
Indignés espagnols Puerta del Sol Madrid © http://www.nacionred.com/

Mathieu de Taillac, à Madrid.

De l’autre côté des Pyrénées, le prix de des carburants augmente et du même coup la consommation diminue…

Oui, début avril, le litre de sans plomb 95 était à 1 euro 50, 1 euro 498 très exactement, alors certes, cela reste un peu moins cher qu’en France… mais tout de même, c’est 12% d’augmentation en un an… Faire le plein d’essence coûte en moyenne 9 euros de plus que l’an dernier. Quant à l’effet sur la consommation, il est indéniable : moins 7% en ce qui concerne l’essence cette année, et moins 5% pour le diesel. Les Espagnols roulent moins, se serrent la ceinture face à l’inflation.

Du côté des prix alimentaires, cela va un peu mieux…

Oui en effet, on a connu vendredi dernier l’indice des prix, et l’inflation, n’avait pas été aussi basse depuis deux ans, un niveau dû en grande partie à l’alimentation. Les prix des aliments n’ont augmenté que de 2,3% entre mars 2011 et mars 2012. Certains produits on même vu leurs prix baisser : les fruits, par exemple, sont moins chers de 1,5%.

Reste le grand problème de l’Espagne, le chômage, qui bat tous les records… Le mois dernier une réforme du droit du travail devait enrayer la destruction d’emplois. Elle a valu une grève générale au gouvernement… où en est-on ?

Eh bien, on avance peu. La réforme du droit du travail ne semble rien y faire. Tous les indicateurs internationaux placent l’Espagne en tête des classements du chômage. Le dernier en date est celui de l’OCDE. Les chômeurs représentent 23,6% de la population active espagnole dit l’institution, c’est quasiment le triple de la moyenne des pays développés… Et malheureusement, selon les prévisions, la situation n’est pas en voie d’amélioration, au contraire, le nombre de chômeurs pourrait dépasser les 5,6 millions au premier trimestre, c’est bien sûr un nouveau record historique qui s’annonce pour l’Espagne.

A Rome, Anaïs Feuga. En Italie, à la crise, s’ajoutent des plans de rigueur, des taxes supplémentaires, et en particulier, sur les prix de l’essence qui atteignent des sommets.

En un an, +18% pour l’essence, l’augmentation la plus importante au monde. L’Italie est le troisième pays où l’essence est la plus chère, après la Norvège et les Pays Bas. Le SP 95 coûte 1,858€/l, seule la Norvège est plus chère. Pour le diesel, 1,73€, en moyenne 20 centimes de plus qu’en France.

En un an, l’essence a augmenté de 31 centimes par litre, 10 centimes à cause de l’augmentation du prix du pétrole et 21 centimes à cause des taxes. Et la polémique enfle. Vendredi, le gouvernement a proposé de taxer de 5 nouveaux centimes le litre d’essence pour financer la protection civile. Ça a créé un véritable tollé. Une association de consommateurs estime que depuis un an, l’addition s’est déjà alourdie de 73 euros pour chaque automobiliste.

En revanche, pas de flambée des denrées alimentaires.

Non, les prix sont stables sur un mois. Ce qui contribue le plus à l’inflation, ce sont les transports, le logement, l’eau. Quelques exemples de prix tout de même: le kilo de pâtes environ 1,50€. Le sucre 1,06€/kg. Le kilo de poireaux en supermarché à un peu moins de 2 euros. Le pain 3,50€ le kilo.

Et comment se traduit le chômage ?

C’est le gros problème de l’Italie. Le taux de chômage a atteint un nouveau record en février à 9,3%. Le plus grave, c’est pour les jeunes, touchés de plein fouet par la crise. Nouveau record également : quasiment 32% des 15-24 ans ne travaillent pas. Depuis 3 ans, plus d’un million d’emplois de jeunes entre 15 et 34 ans ont disparu.

A Londres, Franck Mathevon.

Chez vous aussi le chômage bat des records…

Oui en particulier chez les jeunes : plus d’un million de chômeurs chez les 16-24 ans au Royaume-Uni, un record historique.

Pour le reste de la population, les chiffres sont au plus haut depuis 17 ans : 8,4% de la population active. Et les prévisions sont à la hausse.

La croissance reste faible, et surtout, le pays est soumis à une cure d’austérité budgétaire drastique pour combler les déficits. Du coup, des dizaines de milliers de fonctionnaires sont mis à la porte.

Et l’inflation reste à un niveau élevé…

Oui, elle a baissé ces derniers mois, mais pas suffisamment pour les Britanniques : +3,4% au mois de mars.

L’objectif du gouvernement, c’est une inflation à 2% qui serait la clé de la reprise, pour encourager la consommation. Mais ça n’en prend pas le chemin.

Un exemple : le prix des timbres doit augmenter de 30% à la fin du mois, et du coup les Britanniques se ruent sur les points de vente, souvent en rupture de stocks, pour économiser quelques livres.

Et le prix de l’essence atteint des sommets…

Oui, le litre de sans-plomb coûte plus d’« une livre 40 », « 1 euro 70 ».

Et le gouvernement a décidé d’augmenter légèrement les taxes sur l’essence l’été prochain, provoquant la colère des automobilistes. Par ailleurs, un conflit social dope les prix.

Un syndicat de transporteur veut appeler à la grève si les conditions de travail ne s’améliorent pas. Il y a deux semaines, on a ainsi vu de longues files d’attente aux pompes à essence.

Les négociations doivent reprendre cette semaine.

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