Apprentissage
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Dès dimanche, au soir du second tour des élections régionales, le Premier ministre a estimé que ces résultats étaient une "'injonction à agir sans relâche et plus vite pour l'emploi". Manuel Valls, a souhaité "mettre le paquet" sur l'apprentissage...

L'apprentissage n'a plus besoin de prouver son efficacité en terme d'insertion professionnelle, et pourtant, cette formation, pour les moins de 25 ans en alternance entre milieu scolaire et entreprise, est en nette perte de vitesse. Les chiffres sont éloquents. Malgré tous les dispositifs d'aides, de prise en charge des salaires, des cotisations sociales, l'apprentissage est en repli : -8% en 2013, -3% en 2014 et pour cette année, les entrées en formation en octobre ont baissé de plus de 3 et demi % par rapport à l'année dernière, et octobre est traditionnellement le mois le plus important de l'année.

Accompagner les jeunes et restaurer l'image de l'apprentissage

Que faire ? D'abord, probablement, restaurer son image : l'apprentissage parait toujours mieux pour les enfants des autres, mais jamais pour les siens. Il y aurait sans doute, aussi, un vrai travail d'accompagnement des jeunes à réaliser, notamment parce qu'ils sont souvent déconnectés de la vie et des besoins des entreprises. C'est ce qu'a bien compris l'organisme Pro-active Académy qui intervient dans les centres de formations. Ce travail commence en apprenant à ces jeunes à mener une conversation téléphonique, premier pas pour décrocher leur contrat :

Voilà donc Sullivan à l'oeuvre. Il prépare un bac-pro "technicien du bâtiment". C'est sa "vocation", dit-il. Il veut même monter sa propre entreprise. Mais pour l'instant, il n'a pas encore trouvé d'employeur, alors il écoute attentivement toutes les recommandations :

Un travail sur le comportement primordial pour Cyrille Mauchamp, lui-même ancien apprenti, aujourd'hui directeur de la Pro-Active Académy :

Mais ce n'est pas la seule difficulté. Deux économistes se sont penchés sur l'apprentissage. Marc Ferracci et Pierre Cahuc en ont dressé un bilan complet : ce n'est pas le financement qui pose problème, mais bien une gouvernance trop diluée, beaucoup trop d'acteurs, pas assez coordonnés, une offre pléthoriques, une vraie jungle, disent-ils. Et surtout trop éloigné, on y revient, du monde de l'entreprise.

Un quart des contrats rompus avant leur terme

Ce fossé entre les cours théoriques et le monde du travail a des conséquences lourdes. Ainsi, presque un quart des contrats d'apprentissage au niveau national sont rompus avant leur terme. Jean-Pierre Crouzet est lui aussi un ancien apprenti, boulanger. Il est aujourd'hui président de l'Union Professionnelle des artisans.

Lui, pour éviter ça, se bat pour l'instauration d'une période d'essai de 6 mois :

Jean-Pierre Crouzet l'affirme aussi : l'incertitude économique des entreprises ne doivent pas être une excuse pour ne pas embaucher d'apprentis. Ils ne sont pas là pour produire, dit-il, mais pour apprendre. Attention à ne pas en faire des travailleurs sous-payés…

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