À Aulnay-sous-Bois, la défiance entre jeunes et forces de l'ordre prend chaque jour un peu plus d'ampleur, d'autant plus après l'agression de Théo par quatre policiers.

Manifestation contre les violences policières à Aulnay-sous-Bois
Manifestation contre les violences policières à Aulnay-sous-Bois © Maxppp / Philippe Lavieille

Depuis maintenant dix jours, plusieurs villes, notamment en banlieue, sont secouées par des violences urbaines la nuit, en réponse à l'interpellation à Aulnay-sous-Bois de Théo, victime d'un viol présumé par un policier. Les jeunes crient leur colère contre les violences policières. Pour constater le fossé qui sépare ces deux mondes, Delphine Evenou s'est rendue à Aulnay-sous-Bois, dans la cité de l'Europe, une cité voisine des 3 000 où l'interpellation a eu lieu.

Les témoignages, tous anonymes, sont deux de jeunes âgés de 15 à 23 ans. Leurs récits sont tous semblables.

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"Il y a une bonne ambiance entre nous, mais avec les forces de l'ordre ce n'est pas la même"

Par Delphine Evenou

Difficile pour nous de vérifier leurs dires. Ils ne portent pas plainte. "La loi de la cité", nous expliquent-ils, mais leurs témoignages sont confirmés par d'autres jeunes habitants, ailleurs à Aulnay Nord et par les aînés aussi.

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"Ils m'ont passé à tabac"

Par Delphine Evenou

Par ailleurs, selon une enquête du Défenseur des droits parue en janvier, les jeunes hommes "perçus comme noirs ou arabes" ont 20 fois plus de probabilité d'être contrôlés. Et ils sont 20% à rapporter s'être fait insultés ou brutalisés.

"Quelques brebis galeuses"

En réponse à ces accusations, les policiers déplorent la pression de ces derniers jours, hésitent à s'exprimer. L'Unsa Police reconnaît qu'il y a aussi des brebis galeuses - quelques cas parmi plus de 140 000 fonctionnaires - et dénonce la violence à laquelle eux aussi font face, comme en témoigne Thierry Clair, délégué syndical.

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Thierry Clair,: "Les policiers sont mal à l'aise aujourd'hui parce qu'ils ne se sentent plus respectés du tout"

Par Delphine Evenou

Les policiers peuvent aussi être un repère

Mais le tableau n'est pas entièrement sombre. Pour certains jeunes, la police constitue aussi un repère, comme à Villiers-le-Bel, dans le Val-d'Oise. La ville est restée profondément marquée par de violentes émeutes en 2007. Kenny a 15 ans. Pour lui , la police rime avec "protection et respect de la loi".

08 sec

Kenny : "Pour moi, la police c'est plutôt positif"

Par Delphine Evenou

L'adolescent passe en fait ses vacances scolaires et ses mercredis au Centre de Loisirs Jeunes, mis en place après les émeutes il y a 10 ans. C'est une sorte de centre aéré avec 80 jeunes inscrits à l'année, encadrés par un policier qui leur fait faire du sport, les emmène à l'Assemblée nationale... Et ça change tout pour Kenny et Julien.

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Kenny et Julien : "Ils ont un peu participé à notre éducation"

Par Delphine Evenou

Et pourtant, ils sont en colère contre la police. Ils comprennent les violences urbaines, dernier moyen, selon eux, de se faire entendre. Mais ils soulignent que tous les policiers ne sont pas à mettre dans le même sac. Une petite victoire pour Didier Clerc, brigadier en jogging, il est responsable du Centre.

15 sec

Didier Clerc : "Quand on voit évoluer une génération, ça nous fait plaisir"

Par Delphine Evenou

Hasard ou coïncidence, il n'y a pas eu d'incidents à Villiers-le-Bel depuis le début des violences urbaines.

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