Depuis une quinzaine d'années, la violence à l'Ecole est devenue un sujet de préoccupation internationale, au centre de nombreux travaux. A la fin de la semaine dernière s'est tenue, à Bordeaux, une conférence mondiale qui a permis à 120 chercheurs de 35 pays de présenter les différents programmes mis en place chez eux pour lutter contre la violence scolaire et ce que l'on appelle désormais :"les incivilités". Une conférence à laquelle a participé Marie Christine Le Dû. Les actes de violences sont pratiquement les mêmes partout. Cette violence au quotidien, qui empoisonne le climat des établissements, parfois dès la maternelle mais plus souvent au collège et dans les lycées professionnels, est faite de bagarres entre élèves, d'insultes et de coups envers les personnels, de racket, et beaucoup plus rarement, heureusement, d'agressions physiques graves comme on l'a vu à Etampes en décembre dernier. S'il n'y a pas de solution miracle, Eric Debarbieux, qui préside l'Observatoire International de la Violence à l'Ecole, martèle depuis 15 ans que la priorité c'est de travailler ensemble, de mieux former les maîtres, d'associer les parents, plutôt que de brandir le bâton et la punition (interview). Eric Debarbieux fait référence aux récentes déclarations de plusieurs ministres concernant les sanctions à l'encontre des familles et la présence de policiers dans les établissements les plus difficiles. C'est en effet une mesure qui ne passe pas en France, pas plus chez les élèves que parmi les personnels qui réclament plutôt des infirmières, des assistantes sociales, des surveillants et plus de structures pour prendre en charge les élèves très difficiles. En revanche, de l'autre côté de l'Atlantique, aux Etats-Unis, la présence policière est désormais très répandue depuis la fin des années 80. Finn Aage Esbensen est chercheur à l'université du Missouri à Saint Louis (interview). Les pays nordiques, souvent montrés en exemple pour leurs bons résulats scolaires et la façon dont ils traitent bien leurs élèves, ne sont pas épargnés. Quand un jeune dérape, ses camarades de classe "médiateurs" cherchent avec les adultes la solution la plus adaptée pour aider la victime sans humilier son agresseur qui peut être sanctionné par un travail d'intérêt général. Au Canada, on mise aussi sur une meilleure formation des enseignants. Egide Royer de l'université de Laval à Québec, confirme qu'il était grand temps de s'y atteler (interview). On connait donc les solutions. Il faut maintenant que les travaux des chercheurs s'appliquent sur le terrain, ce qui est loin d'être le cas. Un dossier de Marie-Christine Le Dû, journaliste spécialisée sur les questions d'Education à France Inter. Bibliographie et sites proposés par Marie-Christine Le Dû : Observatoire de la violence à l'école www.obsviolence.com, site surlequel sont publiées les communications de la conférence mondiale sur la violence à l'école. Cd-rom pédagogique "Prévenir la violence scolaire" (adosen-Mgen) www.adosen-sante.com Livres Eric Debarbieux: "La violence à l'Ecole,un défi mondial" (janvier 2006) chez Armand Colin. "Le climat scolaire dans les collèges et les lycées" de Georges Fotinos (enquête MGEN-novembre 2005). "Prévenir la violence au collège" (CRDP Académie d'Amiens) , Janvier 2006 N° de Janvier 2005 du Monde de l'Education (n°343) : www.lemonde.fr/mde La chronique "Photo de classe" de Marie-Christine Le Dû : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-inter01/information/chroniques/photoclasse/index.php (8/01/2006)

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